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Lomézoom.Photo montage

Je suis l’actualité de moins en moins : ça me désespère. Cette année, j’ai été comme un crocodile qui passe son temps dans le marigot sans sortir la tête de l’eau. En tout cas l’année se terminera dans quelques heures, et bon débarras. C ‘est donc le moment parfait pour sortir le nez et sentir tout ce qui a été marquant et prendre des résolutions pour 2017.

À Lomé, les nouvelles, comme d’habitude, ne sont pas étonnantes. On nous annonce que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont devenus « un tremplin » pour les objectifs du développement durable (ODD). En tout cas, le chômage aussi reste le tremplin pour l’extrême pauvreté et le déclin de la jeunesse togolaise qui vous regarde.

« Émergence » est encore une fois de plus le mot de l’année, loin devant « alternance », « démocratie » et tous les autres tralalas. Notre émergence est prévue pour l’horizon 2030.Il reste cependant à définir le mot « horizon ». Le compte à rebours lui, continue : Tic-tac tic-tac … il reste 13 ans.

Voici donc, mon palmarès des chefs d’État qui ont marqué 2016 :

 À tout seigneur tout honneur. Mon homme n°1 de l’année 2016 est le premier fils de la nation, monsieur le Président de la République togolaise.

Ce prix lui est décerné pour la onzième année consécutive. Dans une Afrique de l'ouest où les burkinabés ont fait fuir Compaoré et accueilli l’alternance, où Boni Yayi du Bénin est parti se reposer, et où Nana Akufo Ado vient d'être le nouveau dans la classe au Ghana, le fils de la nation togolaise lui, continue sa poursuite résistible du record de mandats et reste ferme dans sa volonté de nous mener à l'émergence. En plus, il a réussi à organiser son fameux sommet sur la piraterie maritime dont le reste de la population se fiche.

La deuxième place de mon palmarès prouve que tout est possible en Afrique, mais surtout au Bénin. Patrice Talon le milliardaire est devenu président de la République. Pourtant ancien ami du Président Boni Yayi, il a dû prendre la poudre d’escampette à la suite d'accusations de tentative d'empoisonnement du Président. Ensuite, comme cela se fait si bien à Cotonou, monsieur Talon a su former l'alliance nécessaire pour battre « l’homme de la France ». Tout est bien qui finit bien pour lui. Il s’est engagé à faire un seul mandat … mais si le peuple lui demande...

N° 3 n’est nul autre que “ l’homme du Bye-bye” Joseph Kabila. Il m’a appris personnellement une chose : si tu ne veux pas partir quand ton mandat finit, gagne du temps. Fais tout pour qu’il n'y ait pas d'élection et demande à l’UA de t’envoyer un facilitateur pour t’aider à organiser un dialogue national.

Numéro 4

Yayah Djameh.Le président sortant gambien est un personnage à part, sûrement sorti d’un roman d’Amadou kourouma. Il avait dit qu'il resterait Président encore des millénaires, avant d’appeler son challenger Adama Barrow pour le féliciter ; son conseil : « sans la stabilité, rien n’est possible en Afrique… good Luck », le tout avec un sourire. Quelques jours plus tard, “le marabout en boubou blanc” fit un turnover de 360 degrés : « je ne partirai pas ». Affaire à suivre.

N° 5 ira à Faustin-Archange Touadera, nouveau président de la République Centrafricaine. Il devra réaliser l’impossible.

Ensuite dans l’ordre ou le désordre nous avons Alassane Ouattara et sa nouvelle constitution pour … ; Pierre Nkurunziza pour son sanglant troisième mandat ; Salva Kiir et Riek Machar pour leur lutte de pouvoir irresponsable ; etc.

Conclusion, la lutte habituelle continue entre deux maladies sur le continent : l’optimisme et le pessimisme. Une concurrence entre deux forces : l’espoir et le désespoir.

Vivement 2017 Tic-tac tic-tac !

Bonne année 2017 🙂

 

 

 

 

 

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1)Organiser l'élection soi-même, et laisser son ministre proclamer les résultats.

2)Acheter des électeurs.

3)Falsifier des cartes d'électeurs pour faire voter les mineurs et les étrangers.

4)Réussir le miracle mathématique d’avoir au moins 101% des suffrages dans son fief.

5)Avoir la Cour constitutionnelle par la poche, les couilles ou la gorge.

6)Avoir des amis dans des capitales occidentales adeptes de la "Realpolitik".

7)Menacer, martyriser, tabasser, emprisonner, zigouiller tous les contestataires qui feront du bruit dans le pays.

8)Évidemment, avoir l’appui des gardes et forces du désordre pour faire le sale boulot.

9)Couper la connexion Internet et les réseaux de téléphone mobile.

10)Tendre la main à ses adversaires mais menacer de la retirer rapidement.

11)Proposer un Gouvernement d’union nationale.

12)Prêter rapidement serment.

13)Faire le discours de l’année, en te plaçant comme l'élu de tout le monde et appeler au calme et au rassemblement.

14)Inviter les observateurs qui trouveront que “les fraudes et les irrégularités ne portent pas atteinte au résultat final dans sa globalité”.

15)Laisser le temps faire les choses si des sanctions et suspensions arrivent, et surtout, ne pas oublier les mots magiques qui assouplissent toutes les organisations agences et partenaires internationaux : Dialogue et Gouvernement d’Union nationale.

16)Commencer par penser à un autre mandat, et comment faire pour l’avoir sans trop se fatiguer.

 

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Lettre à un homme-poisson

Photo: Lomezoom.mondoblog.org
Photo: Lomezoom.mondoblog.org
Même si ce froid gèle des choses, je veux venir quand même.

Homme-poisson est une traduction personnelle de l’argot du mot mina (Lomé) ¨Ésimélan¨.Il est très souvent attribué à un concitoyen qui est parti vivre en occident.¨Ésimélan¨ veut dire animal de mer; celui qui a traversé la mer.Bref, mon Homme-poisson (Ésimélan) est l’homologue togolais du mot Mbenguiste.

Bon cousin, maintenant que tu es là-bas depuis longtemps, que tu es devenu un  homme-poisson que tout le monde envie dans le quartier, il est tant que tu nous sauves ici, parce que ça chauffe .La dernière fois j’ai eu du mal à payer mon loyer .Je te dis, c’est la galère. Pour être franc, moi aussi je veux venir là-bas .Oui ! Tu as dit que c’est là où les fesses gèlent comme de la viande dans le frigo .Mais disons-nous la vérité : avoir les fesses gelées de temps en temps, statistiquement, le risque fatal est très négligeable comparé à la chaleur ambiante et au chômage d’ici.

1) il est tant que tu me trouves un(E) correspondante là-bas .Je suis ouvert à tout, même si ma préférence va vers les filles Coca-Cola, pour ne pas me répéter. En plus, tu sais que je ne suis pas raciste. Mais, dis-moi, elles sont comment, les filles gothiques ?

2) J’ai un message pour toi, de la fille qui habite dans la maison jaune derrière le bar “Tourne-la-tête-et-regarde”. Elle te dit bonjour; elle insiste pour que je lui donne ton Facebook, parce qu’elle a décidé unilatéralement de t’épouser depuis que tu vis là-bas, même si elle ne t’a jamais rencontré.

3) Et vieux! Je t’annonce que Koffi Dieu-seul-sait vient encore d’avoir un refus à sa nouvelle demande de visa. Cette fois-ci, son plan consistait à arriver d’abord en Allemagne, puisque c’est porte ouverte ces derniers temps. Le motif de son voyage pour le visa fut : court séjour pour formation pratique dans l’humanitaire. Malheureusement pour lui, les allemands à Lomé lui ont dit ¨NICHT¨ , même  s’ils ont pris ses pauvres francs CFA .Bref, c’est son troisième refus  de l’année. Mais tu le connais, il ne renoncera pas tant qu'il ne mettra pas les pieds sur les Champs Élysées. Il continue d’affirmer :¨Qu’ils le veulent ou pas, un jour je deviendrai un homme-poisson¨.

4) Sinon, ici on vit toujours à la togolaise, le chômage est toujours avec nous .Les réformes invisibles continuent. Les remerciements au chef de l'État - fils de la nation sont demeurent lassants; personne ne sait pourquoi on remercie.Conclusion : l’amnésie nationale poursuit son ascension fulgurante.

5) J’aimerais avoir un PC … mais … bon… que Dieu te bénisse.

6) Je dois 3 mois de loyers, … peux-tu me dépanner ?

7) Comme nous vivons dans deux mondes différents, voici l’actualité dans le mien : Le conseil de la détente de l'Entente vient de ressusciter, et à sa tête on a mis un jeune de 50 ans. Les membres sont arrivés à la conclusion qu’il fallait un compétiteur qui veut battre des records de mandats. Sa mission sera de ren-Faure-cer les liens d’amitié, de consolider la paix et la sécurité dans la région etc.

Un petit peu plus loin, Koffi alias Benoît 16, celui qui fait du Ndombolo s’etait fait prendre la semaine dernière en faisant du Taekwondo. C’est une unité de Commandos qui est allée l'arrêter. Mais tout est bien qui finit bien; il est ressorti avec la promesse de ne plus recommencer.

Dis-moi, as-tu appris la bonne nouvelle ? Nos soucis avec le paludisme sont finis. En plus la solution était sous nos yeux pendant tout ce temps: les poules. Apparemment (selon une étude réalisée par des suédois) les moustiques suceurs de sang ne supportent pas le parfum naturel des poules. Penses-tu que ça peut valoir un prix Nobel ?

En tout cas, moi j’aimerais bien investir dans l'élevage…mais… c’est le manque de moyens qui m’empêche. Je viens quand même d’acheter une poule que je compte installer dans ma chambre toutes les nuits. L'avenir nous dira le reste. On garde espoir!

Allez! Prends soin de toi

Ton frangin, Esso Dieu-est-vainqueur

Kédèééé !!!

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Si tu arrives à survivre aux formalités administratives togolaises, tu seras capable de survivre à tout, tu pourras même sans problème devenir négociateur en chef des Nations-Unies. L’administration togolaise c'est un monde en soi, un autre monde dans une autre époque. Le monde de demain mais dans lequel le passé a usurpé la place du futur. Me comprends-tu ? Ici, tout fonctionne sur le mode de "demain". Un "demain" mais sur le long terme si tu vois ce que je veux dire ! Si on te répond : "revenez dans un mois", il ne s'agit pas des 30 ou 31 jours du calendrier grégorien, il faut compter selon le calendrier togolais, 31 jours + X (X hypothétique) ....

Il faut dire que l’administration publique togolaise est constituée d’hommes et de femmes courageux qui, malgré le manque de moyens, font un excellent travail. Mais, malheureusement, cette même administration emploie aussi trop de gens incompétents et de mauvaise volonté. Ils vont au boulot pour faire des commérages, vautrés dans leur fauteuil. Ils entassent les dossiers et les citoyens peuvent toujours attendre. Sincèrement, si tu déposes un dossier, un conseil : commence tes prières parce qu'il faut s'attendre à tout, c'est le début du marathon. Si tu ne le savais pas, tu le sais désormais : l’impossible n’est pas togolais. Pour une simple signature, il faut attendre une période hypothétique.... "revenez dans un mois", et un mois après : " ce n’est toujours pas prêt, revenez …"  Ce n’est pas aux calendes grecques qu’on te renvoie mais aux «calendes togolaises » !

Ici, tout est fait en mode ra-len-ti. On sait tous que le ralenti a créé une vraie révolution dans la retransmission des matches de foot, hé bien laisse-moi te dire qu'il a sûrement été inventé dans un bureau à Lomé ! Pas de doutes là dessus ! Sinon, comment comprendre qu’il faut plus d’un an à un citoyen pour récupérer son diplôme d’université ? La réponse est la même, mois après mois : " il n'est pas encore signé ", re-ve-nez...

Fut une époque où faire légaliser des documents exigeait beaucoup de patience. Il faut avouer que de nos jours les choses se sont améliorées. Les autorités ont créé un "Guichet Unique" pour "faciliter les procédures administratives aux opérateurs économiques". Mais quid du citoyen lambda dans tout cela ? Re-ve-nez...

Il y a aussi une autre catégorie de fonctionnaires ou d'agents de l’État, la catégorie des plus coriaces. Ils ne parlent pas beaucoup, simplement ils attendent de toi "un geste". Ils ont une maladie qui n’a pas été répertoriée par l'OMS : la maladie des gens qui voient l’argent partout. Ils sont pourris. Un conseil de frère citoyen, rester ferme malgré leurs menaces "non c’est non". Moi je les appelle les a-r-gents de l'Etat. Avec ces a-r-gents de l'Etat, des citoyens ont battu tous les records de délais pour un passeport !  " L’impossible n’est pas togolais" .

Billet d'humeur pour dire que les mauvais comportements et autres tracasseries sont toujours bien ancrés dans la société togolaise, c'est un mal qui ne lâche pas, comme une sangsue. C’est une véritable gangrène, et avec elle, l'émergence du Togo a du souci à se faire.

Kèdéèè.

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Le peuple
Le peuple

Le peuple

Tu le rencontres tous les jours

Tu l'insultes, lui craches dessus

Tu le tabasses de temps en temps

C'est lui qui t'élis, qui te réélis

Tu l'appelles tous les jours

Pour toi, c'est par sa volonté que tu es là, à occuper ce fauteuil que tu refuses de quitter.

C’est le même peuple que tu instrumentalises pour tes plans diaboliques

Le peuple, tu le fous en prison quand ça te chante

Tu le massacres à la machette ou au missile Tomahawk, à la bombe atomique ou à la Kalachnikov

Tu détruis sa terre, son désert et ses forêts

C'est lui que tu veux sauver par tes invasions

C'est le peuple que tes ventes et livraisons d'armes assassinent.

C'est en son nom que tu commets tes crimes

C'est aussi pour lui que tu prétends faire ton coup d'État.

Le peuple ne t'a rien demandé

Il ne t'a pas demandé de l'envoyer en exil ou de le transformer en réfugiés et en sans-abris

Il ne t'a pas demandé de détourner l'argent qui n'est pas à toi.

Il ne t'a pas demandé de construire un château pour le regarder de haut pendant qu'il croule  sous ses maisons en tôles

Il ne t'a pas demandé d'aller te balader dans Manhattan ou sur les Champs Élysées pendant qu'il essaie de survivre en recyclant de l'acier des dépotoirs

Il ne t'a pas demandé d'acheter des appartements et hôtels particuliers luxueux

Il ne t'a pas demandé de fusionner  ton compte bancaire à celui de l’État.

Sais-tu au moins que le peuple, c'est ton voisin que tu éclabousses quand ton convoi passe en trombe dans les rues ?

Sais-tu que les gens dont tu confisques la liberté sont le peuple ?

Sais-tu que ton peuple se meurt et c'est toi l'assassin ?

Sais-tu que malgré sa jeunesse, ton peuple à des rides ?

Sais-tu que ton peuple nait, grandit et meurt dans la pauvreté ?

Sais-tu que ton peuple croule sous l’épidémie du chômage ?

Sais-tu qu'il ne veut plus voir ta face de dinosaure ?

Sais-tu qu'il n'a plus rien à foutre de tes campagnes électorales à coût de milliards ?

Sais-tu que le peuple en a marre de ta guerre ?

Vas-tu enfin reconnaître qu’il est las de tes conquêtes ?

Vas-tu enfin ouvrir les yeux sur l’enfer de l’endettement ?

Juste le temps d’un instant, laisse le peuple en dehors de tes tripatouillages constitutionnels

Laisse-le respirer et apporte-lui un peu de réconfort

Laisse-le rêver et manger

Laisse-le marcher et changer

 Laisse le peuple tranquille, fous-lui la paix, vis ta vie, il vivra la sienne.

 Bonne année  2016 au peuple

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Liste non exhaustive des  attributs du groto à la togolaise
Liste non exhaustive des attributs du groto à la togolaise

NB: le groto essaie de ne pas être un pédophile, il a juste au moins deux fois la vingtaine et le double de l’âge de ses chéries.

 Les temps sont durs à Lomé : chômage, vie chère, le prix de l’essence à la pompe qui monte… Résultat, les gens sont mécontents, et vous connaissez la suite.Mais, je peux vous assurer que nous prions toujours pour qu’on ne trouve pas de pétrole au Togo.

 Dans cet univers rectangulaire où chacun essaie de survivre avec ses moyens, une certaine catégorie de personnes tente quotidiennement d’atteindre le bonheur. C’est le GROTO. Rassasié à la maison, affamé dehors !

 Il part de chez lui le matin en disant à son épouse : « Chérie, ne m'attends pas trop pour dîner ».

« Encore? Ton patron-là ne sait pas que tu as une famille ? »

« Qu'est-ce que tu veux c'est le boulot ma chérie ; nous sommes sur un projet important ».

 Arrivé au boulot, il travaille bien sûr, mais trouve aussi le temps de passer quelques appels et d'envoyer des SMS codés à un certain Mr MESSAN. Un cellulaire dont madame ne connait pas l’existence. Le monde évolue, le groto aussi; il peut désormais crypter ses messages.

Il est aussi devenu très prudent parce que madame possède un pouvoir : elle sait craquer les mots de passe des téléphones et des adresses électroniques.

Avec des yeux plus puissants que tous les gadgets des CSI, elle peut aussi déceler le moindre indice, le moindre poil/cheveu étranger, le moindre battement inconnu, la moindre fatigue bizarre chez monsieur. Pour contrecarrer les compétences de madame dans le domaine de l’espionnage, ll possède sur Facebook, un compte fantôme, inconnu de madame, où il exerce sa liberté d'expression. Et surtout, il a un mot magique : GYM. C’est son Backup.

Monsieur affirme aussi qu'après le boulot, il se pourrait qu'il aille au Gym, la nouvelle importation togolaise pour perdre un peu de graisse :

«Tu y entres gros, tu en sors musclé ».

 L’excuse passe parce que le costume-cravate de Monsieur dissimule un ventre en progression irrésistible.

 Après le boulot, monsieur appelle Mr Messan : « retrouve-moi au rond-point ».Avec une paire de lunettes et une tête bien ronde qui lutte sans merci contre la calvitie, il part à l’aventure. Dans les rues de Lomé (surtout), c'est lui le parrain du secteur de la drague en live.

 Un groto, c'est comme James Bond, mais plus pacifique. Il possède comme lui des gadgets, et fait des choses à l'insu de M (madame).Pas moins de deux cellulaires dans les mains (iPhone et Samsung Galaxy) pour montrer son pacifisme dans la guerre que se livrent les deux géants, et aussi parce que dans ce milieu l'habit fait le moine et le matériel ouvre les cœurs. En plus, il y a des chéries pro iPhone ou anti Samsung et vice versa.Il ne joue pas à James Bond dans son quartier, c'est trop risqué.

 Quand le groto parle, on reconnait en lui un agent double et l'on prend des notes :

 Écoute ma chérie, si tu ne veux pas que madame, ma femme te déchiquette en petits morceaux, tu dois faire exactement ce que je te dis.

 Premièrement, quand je viens te rendre visite dans l'appartement que je paie pour toi, dis à tes voisins qui posent trop de questions que je suis ton oncle et appelle-moi tonton.

 Deuxièmement, pas de textos . Ne m'appelle pas non plus sauf en cas de force majeure. Sur mes téléphones, tu es Mr Messan. Moi je saurai te contacter via mon Facebook de l'ombre ou mon Cellulaire fantôme.

 Trois, ne va pas crier sur tous les toits que tu me connais bien. Maintenant que tu sais que je suis marié, écoute bien : madame ma femme est très gentille de nature, mais, par pitié, c'est une lionne qu'il ne faut pas mettre en colère.

 Quatre, ne me demande pas de quitter ma femme pour toi, c'est elle qui m'a épousé et non le contraire.

 Cinquièmement, si tu ne veux pas que ma femme me fasse la peau, si l'on se croise à l'église, on ne se connait pas, on ne se parle pas.

 Six, je ne veux pas te voir avec des frères et des cousins fabriqués; car on dit chez nous que la confiance n'exclut pas le contrôle.

 Le groto n’a pas besoin d’Ashley Madison pour faire ses choses. Il travaille sur le terrain, à l’ancienne et a de puissants arguments. Il connait ses atouts et est conscient de la vulnérabilité des autres; donc il ne perd pas son temps à la drague :

 Si tu m'aides à rajeunir, je te prends en charge

 Si tu prends bien soin de moi, je t'ouvrirai une boutique au grand marché avec assurances incendie.

 Si tu es gentille avec moi, je paierai tes études de BTS.

 C'est donnant donnant, tu me donnes, je te donne, chérie-coco.

 Avec un peu de chance, je tu seras mon deuxième bureau.

 C'est ça la vie d'un homme, d'un groto à la togolaise. Toujours à la recherche du bonheur, toujours à l'affût des chéries, toujours en mode James bond et Travail tard au bureau.

 Avec lui, c'est Noël toutes les semaines, parce que tonton Noël est généreux avec ses chéries et en tout temps.

Un agent secret de classe internationale à la recherche de l'espionne qui l'aimera

Un homme prêt à satisfaire aux besoins et réaliser les rêves des autres.

Dans cette guéguerre pour le bonheur, le groto ne fait pas de quartiers.

Si vous le croisez, jeunes femmes, FUIEZ ! Jeunes hommes PRIEZ !

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François Hollande et Tonton Boni Yayi( le loué) à Paris. Photo: AFP PHOTO / POOL / THIBAULT CAMUS ( via RFI)

Depuis que j'ai appris par mes sources que François Hollande s'apprêtait à entamer une tournée en Afrique, je me suis dit, sourire aux lèvres que cette fois serait la bonne. Il viendra nous rendre visite, il nous serrera la main, on le verra à Lomé au Togo. J'imaginais des communiqués de la TVT et de Radio Lomé annonçant , la visite du "Frère et ami", et insistant qu'il mérite l'attention de toute la nation.

J'imaginais François-président, descendre de "son oiseau de fer", avec madame, belle et souriante, à l'aéroport international du "Père de la nation"; je l'imaginais prendre les gerbes de fleurs de bienvenue; je l'imaginais le regard surpris devant les majorettes et les haies de fans représentant toutes les couches sociales de la nation, ressuscitées pour l'occasion.

Nos rues, boulevards et grands carrefours magnifiquement  nettoyés ; les grands sorciers et marabout du pays auraient pour une fois travaillé en symbiose pour suspendre les dernières pluies du mois de juillet; j’imaginais le drapeau français flotter sur le palais des congrès. J’ai même poussé mes illusions si loin que j'ai imaginé François-président sur une moto 125 (pas un scooter) sillonnant clandestinement Lomé la nuit, avec moi comme guide. Croyez-moi, j'aurais fait volontiers le voyage express Canada-Paris-Lomé juste pour ça.

Mais malheureusement, les illusions portent bien leur nom: elles ne se réalisent jamais. François-président n'est pas venu. Il a préféré aller ailleurs.

Pourquoi François-président, tu nous évites ? Pourquoi tu ne viens pas en tournée à Lomé ?

Tu vois François-président, tu aurais pu être la star à Lomé, même devant Adébayor ; on t'aurait tout donné.

Si c'est pour éviter d'apporter ton soutien à l'homme de l'émergence, pouvons-nous te comprendre ? Oui!

On t'aurait laissé nous sermonner au nom de la démocratie; on t'aurait laissé dire ce que tu veux, sans t'intimider ou te menacer avec nos forces armées et notre agence nationale de renseignement.

On t'a entendu louer notre voisin de l'est, le Bénin -avec tonton Boni- et sermonner de loin les autres (Tonton Pierre du Burundi par exemple).

Nous aurions espéré t'entendre chez Papi Eduardo en Angola, mais nous te comprenons, il faut aussi faire les choses au nom de l'économie. En ce temps de crise, il vaut mieux éviter de contrarier le Papi Eduardo. Pour la France, ton cheval de bataille est l'emploi. Angola-gate, paix à ton âme.

Parlant d'économie, on aurait pu aussi te donner des contrats au Togo; pour toi, on aurait fait  attendre les chinois, on t'aurait donné la priorité au nom de l'économie. Les patrons de sociétés françaises auraient pu être choyés, comme Bolloré, car nous avons aussi des chantiers. Nous sommes aussi - il parait- en croissance, et, au nom de la France, tu peux aussi avoir confiance - à tes risques et périls- en l'avenir économique du Royaume Togo.

Même le Cameroun t'a vu, avec Grand-papa Paul et il parait que vous avez parlé du grand Héros Ruben Um Nyobe. Notre "père de la nation", aussi un recordman de longévité aurait souri dans sa tombe en te voyant assis dans les fauteuils cossus du palais du "Roi" Paul. À Lomé, tu aurais pu aussi essayer les canapés de notre nouveau palais présidentiel, et en profiter pour  dire à l'homme "FAURE "de l'émergence togolaise, premier fils de la nation, que les petits togolais ne veulent pas, par pitié, vieillir avec lui.

Comme tu n'as pas pu aller sermonner personnellement tonton Joseph (ou bien l'économie a eu la priorité en RDC ?), nous espérons quand même que tu lui glisseras quelques noms, par téléphone. Au nom des droits humains, qu'il laisse sortir les jeunes du mouvement "Filimbi" et leurs amis.

Espérons aussi que tu pourras causer aussi par téléphone au gentil grand-tonton Dénis du Congo; ce n'est pas mal du tout, tous ses mandats; son peuple n'a pas besoin de nouveaux troubles. Nous savons que la francophonie est déjà prise mais peut-être que tu pourrais lui proposer un poste de président de la secrétaire générale de la Francophonie ? Tout le monde n’est pas Tonton Blaise du Burkina Faso.

Au nom de la lutte contre Boko Haram, pourquoi l'oncle Idriss ne n'a pas vu à Ndjamena ?

En tout cas François-président, j'ai été déçu de ce rendez-vous manqué, mais je continuerai à te soutenir pour un nouveau mandat, à te parler de démocratie et de droits humains au Togo et en Afrique.

Je suis content que le fétiche togolais a bien marché pour régler un peu  ton problème d'impopularité en France.

La prochaine fois, tu pourras venir nous voir.

Ton fan de toujours, Jeogo .

Kèdèèè !

 

 

 

 

 

 

 

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Adébayor, le soldat au garde à vous. Crédit : www.dailymail.com

Adébayor, le soldat au garde à vous.
Cr: www.dailymail.com

 

 

Qui sont Messi, Ronaldo et les autres? Dans le cœur de la nation, tu as le monopole.  

Il était une fois un pays, il était une fois une nation. Les deux n’existaient presque pas sur la carte du monde, quand un jour, un seul homme, un seul nom…. Non, je m’embrouille, ça va trop loin; changeons de formule.

 Qui est la seule et unique star de tout un pays ?

Quel soldat en crampons se met au garde- à-vous pour tout un stade, pour toute une nation ?

Qui, via YouTube, a soutenu son président durant la campagne présidentielle de 2015, ouvrant la voie de tout un peuple vers une nouvelle illusion?

Qui grâce au pouvoir de la parité, est le premier milliardaire en francs CFA d’un pays?

Qui possède les longues jambes les plus populaires d’un pays ?

Qui peut concurrencer ouvertement le « Fauremidable » président sans que les gendarmes lui rendent une visite ?

Qui possède une « Hacienda » dans les environs du quartier Djidjolé à Lomé ?

Qui est le meilleur ami de tout le monde, le chéri de toutes, le frère de tous, l’oncle de tous, le cousin de tous, le voisin de tous ?

Qui depuis quelques semaines, via Facebook, lance des S.O.S ?

Voilà que je dépasse encore les bornes, nous ne sommes pas dans questions pour un ...

Reprenons.

Je reçois  ces derniers temps toutes sortes de coup de fils, de texto que je résumerai brièvement en ces mots : « Eh ! Frangin, ton ami- là, Sheyi, qu’est ce qui se passe encore avec lui mah ? »

- Moi : «  Adé ? Qu’est-ce qu’il a ? Heu! Il est un peu déprimé … »

- « Déprimé ??? Comment ça ? Avec tout l’argent qu’il a ? »

- Moi : « Heu ! Chez nous à Lomé, l’argent ne fais pas toujours le bonheur »

Précision : Sheyi, Adé, Adébayor, désignent la même personne, la même star. Emmanuel, c'est pour faciliter la tâche aux Yovos qui maltraitent nos nom et prénoms; donc ce prénom ne circule pas sur nos lèvres togolaises !!!

Pourquoi, je suis devenu malgré moi, chargé des relations publiques d’Adébayor ? Pourquoi suis-je coincé dans des interrogations qui pleuvent depuis quelques semaines ? Je répondrai sans rentrer dans les détails qu’être l’ami personnel autoproclamé d’une star peut procurer des avantages magnifiques. En quête de popularité dans les masses ? La solution est simple mes chers, faites de vous l'ami d'une star et vous verrez...

Mais est-ce vrai ? En tant que chargé des relations publiques, je ne répondrai pas à cette question, parce que l’heure est grave, et il faut nous mobiliser. Rester silencieux quand mon intérêt, l ‘intérêt de la nation est en jeu, n'est pas un manque de patriotisme? Ignorer les alertes, lorsque leur niveau est inquiétant, que penserait-on de moi? Laisser notre représentant seul dans cette épreuve?

Tout ça parce que des commentaires de ce genre apparaissent dans les médias du monde, notamment sur RFI : « Le Togolais Emmanuel Adebayor, star du football africain, a publié une longue liste de griefs envers sa propre famille, ce 5 mai 2015 sur sa page Facebook. L’attaquant de 31 ans vit une saison difficile avec Tottenham, en Angleterre. »

Pourquoi ? Comment ? Que se passe-t-il avec la star pour nous offrir une série Facebook- reality de sa famille ? Même tout cela n’est pas un scoop pour la nation.

Comme il n’y a pas d’histoires sans rumeurs à Lomé, il paraît, qu’un féticheur pro- alternance aurait pris très mal le fameux soutien d’Adé à son président et donc comme représailles à l’agression contre ses prédictions de changement, il aurait envoyé un gris-gris. Quelqu’un d’aussi blindé qu’Adé a pu tomber dans ce panneau?

Vrai? Faux? Vous ne le saurez pas. Je peux vous assurer une seule chose; notre star a besoin du soutien de tous. Laissez-moi  aussi vous dire.

Adé nous a montré par ses exploits et déboires qu’ « impossible n’est pas togolais », qu’on pouvait venir de quartiers à la togolaise et aller un jour baisser la main d’Élisabeth II.

Avec Adé, nous sommes des héros et avons des Euros, Livres sterling et dollars.

Avec Adé, nous avons survécus à Cabinda; nous avons envoyé des gros jurons en direction d’Issa Hayatou.

Avec Adé, nous sommes allés au mondial 2006, nous avons fait la grève légitime des primes.

Avec Adé, nous quitterons peut être Tottenham; Tant pis pour ce club.

Avec Adé, nous changeons de coiffure : s'il est afro, nous sommes afros, s'il est Rasta, nous sommes Rasta. En plus, grâce à lui, le secteur de la coiffure ne se porte pas trop mal.

Adé, je ne peux, nous ne pouvons te proposer un fétiche pour régler ton problème; la famille c’est sacrée.

Fais le ménage dans la famille si tu veux, tu en es le capitaine. Mais n'oublie pas, c'est cela la famille à la togolaise. Elle a aussi des défauts; elle pousse des jurons dans ta direction, veux te contrôler (y compris  ton argent); mais au commencement, elle était là, contrairement aux fourmis arrivistes attirées par l'odeur de tes livres sterling.

N'écris surtout pas ta biographie, laisse-nous raconter ton histoire; permets-nous de faire ta biographie en mille et une versions différentes.

Ne te suicide pas! Pardon! Pitié!  Je, nous, le pays ne supportera pas de perdre un fils de la nation .S'il le faut, toute la nation jeûnera pour t’aider à traverser cette période.

Ne t’arrête pas. Je répète, n'arrête pas de nous envoyer des S.O.S sur Facebook. Quand RFI et les autres parlent de toi, ils parlent de nous aussi, de la nation. Continue de porter le drapeau du pays vers le haut ou vers le bas.

Ta carrière n'est pas terminée; les business et les soutiens politiques peuvent attendre. Retourne plutôt jouer au football, car lorsque tu apparais sur un terrain, sur un écran, c'est la nation qui se faufile agréablement sur la carte du monde.

Continue de faire rêver les petits de nos quartiers; qu'ils voient que leur destin ne s'arrête pas dans la galère.

Tes bombardements sur Internet ont quelque chose de bon. Peut-être, le remède à l'amnésie dans laquelle toute la nation est en train de plonger. Mais ça, c’est une autre histoire.

Kèdèèe !!!

Ps : La nation te soutient et te soutiendra. Toi seulement (ton président non compris, parce qu'il refuse de nous laisser aller vers l'émergence sans lui).

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Déjà à l'université, on s'entraine pour affronter la galère du chômage
Déjà à l'université, on s'entraîne pour affronter la galère du chômage

 «Eh ! Toi là-bas, oui toi, chômage… laisse-nous tranquille !»

 Tu te réveilles le matin, tu fais ta prière (à qui tu veux), et tu sors de la maison pour commencer ton pèlerinage. Tu ne prends pas de taxi, ni de zemidjan, et surtout pas l'autobus Sotral (tu n'as pas envie de t'asphyxier dans cette jungle ambulante de gens prêts à t'arracher la tête pour trouver une place " debout sur un pied " (on peut des fois y expérimenter partiellement l'état d'être siamois).

Tu prends donc la vielle méthode, «la Johnny Walker»,  en attendant de faire réparer ta bicyclette : direction : centre-ville. Mais un petit arrêt s'impose, parce qu'il te faut ta potion magique pour faire l'aller du pèlerinage sans t'évanouir.

Tu t'arrêtes donc chez madame Lonlonno. Dans le coin, on la surnomme "Panoramix». Sa potion, la bouillie "Akassan" a du succès.

En te voyant arriver, la bonne dame assise derrière la marmite remplie de potion bouillante dit : « Mon fils, ça va ? Viens viens, tu n'as pas besoin de faire la queue comme tout le monde. Allez prends ça, elle te donne un bol plein de bouillie dans la main. Puis elle ajoute avec un sourire :  « Aujourd’hui, c'est double ration pour toi, juste pour toi, gratuit, ça va booster ton énergie, tu en as besoin ».

Tu remercies madame Lonlonno, et tu vas t’asseoir. Pendant que tu avales ta bouillie bien chaude, tu jettes un coup d'œil aux alentours, parmi les clients qui utilisent la même technique de «soufflage» pour dompter la potion «volcanique».

Quelques-uns parmi eux ont sans doute ton âge, mais on est plus vraiment dans la même catégorie ; toi tu es en pleine carrière de chômeur (temps plein), eux sont chômeurs à temps partiel et entrepreneurs l'autre partie du temps. Ils sont dans le business des deux roues, celui des taxis motos pris en bail chez un investisseur.

«Trois ou quatre années d'études supérieures pour finir sur une moto», mais au moins, tu fais quelque chose de ta vie en attendant.

Il faut être têtu comme une chèvre affamée

Le chômage enlève progressivement le brin d'espoir mais te fait avoir des mamans supplémentaires. Ah ! La femme togolaise, un cadeau du ciel, elle t'adopte sans problème.

 «Ewuuuuéééé! » s’écrit, madame Lonlonno (comme toute Togolaise digne de ce nom, elle sait exprimer son dépit dans un cri) «… Togooooo!  Que fais-tu de tes enfants maaa !? Nos jeunes souffrent hein ! Bonne chance mon fils hein, ça va aller hein, du courage ».

Ainsi, en montant sur le siège arrière du zed réquisitionné par madame Lonlonno pour toi, tu cries en laissant ton microbe de l'optimisme s'exprimer : « Quand, je serai PDG de Togo Telecom, je vous achèterai une villa à Togo 2000 ».

«EEh!amiiih! Vous entendez ça ? bientôt, je vais déménager dans les beaux quartiers », s’exclame avec joie la dame à la suite de ta déclaration publique.

Tu es en route, et tu pries pour que la journée qui commence soit décisive. Tu supplies aussi le zed d'aller doucement, tu ne veux pas crever avant de devenir PDG et de tenir ta promesse solennelle.

C'est comme ça que la journée commence, pleine d'optimisme, de potions magique,s de promesse future. Dans son milieu, on te voit déposer des CV confiés au Bon Dieu et à tes ancêtres; une petite promenade sur la plage pour laisser ton esprit s'évader loin de tout et regarder ton ombre tenter de se laisser avaler par la mer.

À la fin de la journée, on te voit revenir à la maison en longeant les murs. Tu repasses comme d'habitude par la bicoque de la mère adoptive que le chômage t'a trouvée; mais elle n'est plus là; sa journée aussi est finie, mais elle est certainement dans une église du coin en train de prier pour toi, pour sa villa, et pour le pays.

C'est ça le parcours d'un chômeur au Togo, une période qui te fait vieillir. Pour y survivre, il faut être têtu comme une chèvre affamée.

Un parcours digne des 12 travaux d’Astérix

Un parcours qui te fait changer de camp : d’abord « Dieu », ensuite « je ne crois plus en rien, sinon pourquoi me laisse-t-il souffrir comme ça ? » Enfin « Dieu est grand, il m'a fait trouver du travail ».

Un parcours jonché de mines style : « Tu veux épouser ma fille hein ? Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Heuuu! En fait, je suis à la recherche… »

« Ahhh! Ma fille veut épouser un recherchiste... vous allez vivre de quoi ? L'amour ne remplit pas le ventre hein ! »Bref, tes tentatives d'accouplement sont difficiles. Personne ne veut t'accorder la permission d'épouser sa fille. Le temps que tu fasses ton Téléthon pour remplir les conditions non négociables de la dote, c'est too late ! l'amour... n'attend pas le chômeur.

Le chômage est un virus qui menace la survie des jeunes Togolais. Il arrive sans s'annoncer et te met sur la liste des personnes en voie de disparition.

Un virus qui vous oblige à utiliser les gros moyens : la potion magique.

Un virus qui contamine tout dans votre vie.

Un virus devant lequel le fameux « sérum-ANP E» du gouvernement tremble.

Un virus qui prend en otage l'avenir de la jeunesse togolaise.

Dans ton chômage à la togolaise, tu te poses aussi ces questions : « Pourquoi, dois-je nécessairement avoir besoin de papa, tonton ou tata “bras longs” pour trouver du travail ? Pourquoi dois-je finir premier de classe ? Les premiers, venez travailler, les deuxièmes attendez votre tour, c’est cela ? »

L'un des éléments de la devise éternelle de notre pays est : Travail.

Travailler dur pour faire avancer le pays, mais aussi je le crois, avoir du travail, avoir la chance d'accomplir quelque chose. Nous en sommes loin, très loin.

Je vous l’affirme, le jour où ce virus arrêtera d'ouvrir la terre sous nos pieds, ce pays se mettra véritablement sur la voie de l'émergence que nous vendent nos gouvernants.

Kèdèèe!!!

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Maiduguri, vue du Google occidental
Maiduguri, vue du Google occidental

Il y a quelques semaines, j'ai été témoin d'un miracle; j'ai vu Maiduguri, là où tout a commencé, apparaître sur une carte du monde.Elle est apparue subitement sur un écran dans une station de métro "occidental".C'était un Maiduguri sans Shékau ,sa barbe qui gratte et son écran occidental, sans Jonathan "Bonnechance" et son sourire.Mais un Maiduguri avec moi en plein milieu.Et au lieu de verser des larmes de crocodiles, mon seul réflexe devant cette ville meurtrie et symbole d'une tragédie qu'on a laissé pourrir fut un juron, un gros juron originaire de Maiduguri .

Je me suis demandé quelle serait la réaction de Yusuf Mohamed là où il est ,face à ce qu'il a crée et qui provoque des souffrances à ses propres concitoyens, et des migraines à l'UA et au monde.Lui, jeune nigérian qui partit chercher l'inspiration de ce qu'il voulait faire dans la vie.Il prit donc la route, regardant la direction de sa foi, sur le chemin de son destin, qu'il ne savait pas encore tragique.Yusuf débarqua donc en Arabie saoudite pour un pèlerinage particulier.

Quelques temps après, le jeune Yusuf revint dans son Nigeria natal par la petite porte.Mais il était différent, et dégageait quelque chose d'indescriptible.À Maiduguri, Yusuf commença la mission pour laquelle il était revenu : transformer le Nigéria, avec ou contre son gré, car pour lui, son pays n'était pas tourné vers la bonne direction.

Plus question pour les petits nigérians d'aller se poudrer les visages de craies, apprendre one, two, three... et les A, B,C,D....Non à l'éducation exportée par les blancs :Tous à l'école coranique.

Pourtant , Yusuf, qui sans doute avait perdu le sens de la réalité, a oublié qu'à la fois l'éducation et les méthodes qu'il voulait imposées et celles qui ont été exportées par le colon des décennies plus tôt, n'avaient rien d'authentiquement nigériane.

Malheureusement "Boko Haram" est né.

Personne ne prenait au sérieux ce qu'on appelait "secte".Puis un jour poussiéreux de juillet 2009, Maiduguri connut le pire : des cadavres par ci ,des blessés par là.Dans cet amas de cadavres , gisait aussi Yusuf, zigouillé par les forces nigérianes.Mais ça, c'était au temps de Yar'adua, parce que celui de "Bonnechance" va venir en 2010.

Cela a fait du bruit, et les médias en ont parlé.Le Nigeria, quant à lui, pensait en avoir fini.Tout le monde a donc réinstallé son miroir d'illusion.

Mais comme le diable est dans les détails, Boko Haram a su renaître de ses cendres, grâce à une main invisible qui chie et lance du "Money money". Ce "money money" invisible a fini par trouver la main de Shekau qui aime passer à la TV.Même s'il veut éradiquer l'éducation occidentale, ce dernier aime l'écran « Boko ».Il adore se filmer dans sa petite brousse du nord nigérian.Peut-être que dans une autre vie , il a été présentateur à la Télé ou acteur défilant fièrement sur les tapis vert de Nollywood et rouge d' Hollywood.

Pendant ce temps, son excellence Jonathan "Bonnechance" célébrait somptueusement le mariage de sa « daughter » avec notamment des Iphones plaqués or.Après tout,cela n'arrive qu'une fois dans la vie; les pannes électriques , délestages , Lagos qui aime jouer à son festival préféré de groupes électrogènes, toutes ces choses-là par contre ,peuvent durer éternellement.

Shékau , se plaît de plus en plus devant la caméra .Pourtant il n'a pas l'attention qu'il voudrait; il a zigouillé des jeunes étudiants dans des écoles et internats mais , quelque chose coince : on ne parle pas de lui.

C'est à ce moment que la main invisible lui rend visite dans son sommeil pour lui montrer la voix de la célébrité mondiale.Ainsi vint l'épopée "Bring back our girlsavec sa Twittomanie et sa Facebookfolie ;ses gens célèbres qui se prennent en photo avec une pancarte;des politiciens qui passent à la Télé hurler et promettre; des associations qui sortent de terre;Tout le monde a voulu montrer sa solidarité.

Avec son gros coup maléfique, Shékau qui aime tant les écrans, a finalement réussi à faire le tour du monde en quelques jours sans sortir sa barbe qui le gratte de plus en plus.Le Nigeria ne lui suffit plus.

« il faut voir grand » lui dit la main invisible.

Jonathan"Bonnechance", lui, n'est pas content , il désapprouve ce genre de publicité.Même si c'est gratuit,l'image de son pays en pâtit.Il est furieux.Comment des illuminés ont-ils fait pour enlever des centaines de jeunes filles sans laisser de trace?

Devant, les parents des filles, des coups de fils, des gens célèbres qui lui rendent visite, "Bonnechance" comme un fin politicien, rassure et promet .

Malheureusement , "Boko haram" continue sa résistible ascension...

Aux dernières nouvelles,Shékau continue sa carrière de terroriste devant la caméra occidentale. Jonathan "Bonnechance" est en pleine campagne (avec son arme fatale : son sourire qui apporte la chance) pour assurer son chaud fauteuil de président. Yusuf, lui, continue son voyage sous nos pieds.De nouveaux acteurs sont apparus : l'UA qui aime les bons discours et les gros mots, le Cameroun et son roi lion qui finalement a commencé par rugir face à la menace, et les autres...

Mon histoire  de jurons de Maiduguri ne s'arrête certainement pas là.Qui vivra verra.

Kèdéèè!!!

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Grand-marché de Lomé en flammes. pompier je t'ai soutenu et je te soutiendrai
Grand-marché de Lomé en flammes.
Pompier togolais, je t'ai soutenu, et je te soutiendrai!

Il y a eu un incendie dans une maison à Lomé récemment. Et comme d’habitude, les gens sont mécontents parce que nos combattants du feu n’ont rien pu faire. Il faut dire qu’à Lomé, les gens ne respectent pas les sapeurs-pompiers, on les traite d’inutiles.

J’ai observé un spectacle saisissant dans le voisinage d’un ami dans une ville nord-américaine, lors d’un incendie dans un appartement. J’ai vu une armée de pompiers; j’ai vu des types habillés comme des cosmonautes (en jaune) arriver.

Eh! Ils n’ont pas eu pitié du feu là hein! Ils ont cassé ce qu’il fallait casser, brisé ce qu’il fallait briser, sauvé ce qu’il fallait sauver, et le travail était fini.

Nous avons tous applaudi et chacun a continué son chemin. J’étais ébahi ; et comme j’avais l’habitude de dire dans mon enfance lorsque je voyais Chuck Norris revenir indemne d’une guerre après avoir sauvé tout le monde : Eh ! Le Blanc est puissant !!!

Je comprenais enfin pourquoi le petit-Blanc rêve souvent de devenir pompier.

Retournons à Lomé, où devenir un  jour pompier ne fait même pas partie des cauchemars des enfants togolais : pompier ééh ? C’est quoi ça ?

Donc, sous d’autres cieux les sapeurs-pompiers sont de véritables héros, respectés; ils gagnent assez bien leur vie : c’est une vocation.

À Lomé, en cas d’incendie, quand vous appelez les sapeurs-pompiers, il faut prier, vraiment, pour qu’ils arrivent à temps.

Ils doivent d’abord remplir leur camion d’eau (je ne sais pas comment ça s’appelle). Ensuite, il faut qu’ils trouvent le chemin pour arriver sur les lieux.

C’est vrai quoi! Pour vous aider, les pompiers doivent d’abord arriver sains et saufs. Si vous ne le savez pas, il y a des obstacles qui n’ont pas de noms dans les ruelles de Lomé.

Ah! J’allais oublier, Google Map a du pain sur la planche chez moi à Lomé.

Lisez-moi ça ! Et vous serez témoin d’un parcours de sapeurs-pompiers :

-Les pompiers : Euh! C’est où le feu dans le quartier ?

-un passant : Oh! C’est derrière  ̎Chez Tonton  ̎ !

-Les Pompiers : C’est quoi  ̎ Chez Tonton ̎ ?

-un passant : C’est un magasin d’alimentation générale

-Les pompiers : Ok! Et on fait comment pour arriver là-bas?

-un passant : Bon ! Continuez tout droit! Après deux corners - c’ est comme ça que nous appelons les intersections de rues - vous tournez à gauche; vous allez voir un mécanicien; tournez à droite encore, puis prenez le deuxième corner, c’est là-bas, juste à côté de la maison d'Ankounô, la vendeuse d’Ayimolou (riz au haricot).

Pendant ce temps le feu est content, il se marre devant les gens qui tentent de l’éteindre avec leurs bassines d'eau.

Les pompiers finissent par arriver après avoir franchi tous les obstacles : contourner un dépotoir en pleine rue qui ne dérange personne, puis le marécage qui s’est installé en pleine rue et qui ne tarit jamais.

Ils sont donc là (mais ce n’est pas une armée), le feu aussi; on va voir qui gagnera.

Chacun fait de son mieux, mais à un moment donné quelque chose d'inhabituel arrive : l’eau des pompiers est finie. Le feu reprend de la puissance.

Un des futurs sinistrés ne craignant pas pour sa vie, mais pour l’écran plat neuf acheté il y a une semaine crie : "Awô, ma Samsung –laaa, s’il vous plait pompier-chef, sauvez-la !"

La réponse du pompier : "Faire quoi? Tu me prends pour un kamikaze ? Vas-y toi-même, on va te regarder."

À la fin les flammes ont eu raison de la chambre du gars, de son écran plat, de tout.

Tout ça pour dire que la réalité des pompiers togolais n’est pas simple. Ils sont sous-équipés, et manquent de formation.

Personnellement, je ne connais qu’une seule caserne de pompiers à Lomé, leur quartier général; je ne sais pas s’il y en a d’autres. Comment vouloir que les pompiers arrivent vite sur le lieu d’un incendie s’ils doivent traverser la ville entière ?

Je le répète, pour combattre le feu, il faut des gens motivés et bien équipés.

On n'a pas les moyens !

Les autorités togolaises doivent alors faire un choix : acheter des gaz lacrymogènes et autres conneries antiémeutes ou bien équiper et former nos sapeurs-pompiers à la hauteur de leur tâche.

Et qu’enfin l’enfant togolais puisse dire : « Quand je serai grand, je serai pompier »

Kèdèèè!

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(capture d'écran):Les guignols de l'info
(capture d'écran): Les guignols de l'info

« S’il y a un fétiche protecteur dans le foyer, l’impopularité ne pourra jamais vous atteindre. »

Cher François, monsieur le Président, ceci n’est pas une lettre, mais plutôt une confidence.

Il y a environ 22 mois, à ton arrivée à la « magistrature suprême », j’ai constaté avec surprise que tu n’étais pas vraiment riche, et qu’un seul château-résidence secondaire d’un acrobate togolais pouvait facilement engloutir toute ta fortune.

Depuis lors, je me suis senti concerné par ton sort, par tout ce que tu fais ou pas. C’est comme ça que j’ai appris que tu es très impopulaire. Déjà!

Les médias ne parlent que de ça : sondages relatifs à ton taux de popularité. Même les guignols de l’info s’en mêlent.

Je pensais que ça allait s’arranger. Malheureusement, je me suis trompé; et le verdict est tombé aux municipales : la vague bleue est passée par là. Les choses vont de mal en pis pour toi.

On dit que tu es le président le plus impopulaire de la Ve République.

J’ai essayé de comprendre POURQUOI les Français ne t’aiment pas ou ont cessé de t’aimer en aussi peu de temps, en utilisant quelques critères tirés d’un historique personnel :

  • Tu n’es pas riche, tu es un homme simple et tu n’as pas de château comme à Lomé
  • Je ne sais pas si tu as un garage climatisé, parce que ça existe aussi à Lomé
  • Dis-moi, as-tu déjà caché de l’argent dans un puisard ? je ne crois pas, parce qu’il y a des histoires comme ça à Lomé
  • Es-tu démocrate ou Démoncrate ? Chez moi les deux existent. C’est long à expliquer; disons que c’est l’étape ultime de la démagogie, une fusion entre Dic… (Heu ! Le mot refuse de s’écrire) et Dé… (ce mot aussi) : je ne veux avoir des problèmes.Peux-tu voir si Le Petit Robert et Le Larousse peuvent insérer « Démoncratie » dans leur édition de 2015 ?
  • Je ne crois pas non plus que tu sois expert agrégé en élections transparentes, parce qu’un expert ne perd jamais.
  • Ahan! Tu ne tiens pas tes promesses ? Je ne sais pas.

 Tu ne réponds pas à ces critères. Je ne sais pas ce qui peut expliquer tant d’impopularité.

Alors, j’ai réfléchis, j’ai consulté quelqu’un pour ton compte -son nom est invisible- et finalement trouvé la solution à tes problèmes :

Tu as besoin d’un fétiche, un puissant Fétiche togolais.

Oui! Un bon fétiche! C’est ce qu’il te faut, ça t’apportera l’amour du peuple français.             Un remaniement ministériel ? Pouf! Ça ne règlera pas le problème.

Avec, un puissant fétiche, tu deviendras magicien, un vrai, tu pourras transformer les chiffres : taux de chômage, taux de croissance, taux de popularité, etc.

Un fétiche, s’il le faut, endormira de gré ou de force les Français. Ça marche dans le rectangle togolais, ça marche dans le parallélogramme africain, pourtant, nous sommes des initiés et nous avons la tête dure. Ça marchera à coup sûr dans l’Hexagone.

Chacun ira s’occuper de ses oignons et te laissera tranquille pour redresser la France.

Tu sais, un fétiche aurait prévu longtemps à l’avance l’affaire Cahusac et tous ses tralalas, pour éviter que tu le nommes ministre.

Avec un bon fétiche, tous les jeunes Français deviendront entrepreneurs : en tout cas c’est ça la solution miracle dans mon rectangle togolais. Ceux qui ne voudront pas, peuvent partir à l’aventure avec leurs maux de tête et pousser leurs jurons là-bas…

Alors, François suis mon conseil, parce que 2017 s’annonce très mal pour toi.

Pour un fétiche, il n’est jamais trop tard, tu pourras garder ton fauteuil pour un autre mandat, et si tu le désires, comme cela se fait dans le parallélogramme africain, être « Président à perpétuité », mais je ne sais pas si les gens de l’Hexagone aimeront. En plus l’Union européenne, ce n’est ni la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ni l’Union africaine.

Tu peux venir à Lomé quand tu voudras, mais sans ton scooter, parce que je ne garantis pas sa sécurité. Aucun antivol ne peut résister aux Grand Theft  Auto-Moto de Lomé.

Hein! Prends plutôt un Zémidjan, c’est Radio Togo national et international, donc tu n’auras pas besoin d’Internet pour t’informer ou twitter. En plus, il connaîtra sûrement un  féticheur désigné. Dis au Zed  d’aller mollo, car, assurance maladie? On ne connaît pas à Lomé, c’est chacun pour soi et Dieu pour personne au CHU.

Tu devras bien expliquer ton problème au Féticheur. Ton prix sera le sien, au nom de l’amitié qui unit nos deux pays, et qui a uni tes prédécesseurs de la Ve République à notre Père de la nation. Et aussi parce que tu n’as pas abandonné la Centrafrique et le Mali.

Tu trouveras le fétiche qu’il te faut à Lomé. Celui qui te permettra aussi d’enterrer le Front national; aucun féticheur ne les aime ici : c’est mauvais pour les affaires franco-togolaises et franco-africaines. Peut-être que  le féticheur te demandera un petit service de temps en temps : un visa, juste pour faire du tourisme. Tsoh!! Il ne va pas durer!!!

Voilà donc la solution à tes problèmes : un Puissant fétiche. Et rappelle-toi du mot magique pour y avoir accès : « Bokônô »; je répète : « BOKÔNÔ ».

Et encore une fois, du courage!

Signé, ton fan, Jeogo l’ambassadeur de Lomé, depuis l’Amérique du Nord.

Kèdèèè!

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Photo montage
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J'ai appris cette semaine qu'un homme politique togolais , a décidé de dire au revoir à ses nouveaux amis.

J'ai voulu en savoir plus, alors, j'ai appelé un ami ,en me disant : lui, devrait savoir. Et j'ai été servi :

«  Et alors !Toi là! Arrête de me donner des maux de têtes avec ces histoires .Il n'y a rien à comprendre.Tous des acrobates!!!...Eh! avec tous tes maux de tête, tu continues, tu es vraiment têtu.Dans ce pays maintenant, c'est chacun pour soi,tu manges ou tu te fais manger.Leurs histoires de politiques là-( un juron)-ce n'est plus mon problème... »

Mon ami aura tout vu dans notre Togo, plus rien ne l'étonne .C'est un traumatisé.

 Il a poussa un juron et nous avons changé de sujet.

Acrobate ? ça m'a rappelé un billet de Togocouleurs, dans lequel le PM était qualifié de « Caméléon politique ».

 Le PM, n'est pas le seul.

 Au Togo, la politique est un sport acrobatique.Chacun fait ce qu'il peut pour donner un bon spectacle tout en faisant attention de ne pas se briser les os.

 Les Propposants:(Euh!ce mot vient directement de mon dictionnaire personnel)

Ce sont les collaborateurs invisibles du Premier fils de la nation-chef de son État. Ils PROPOSENT au Chef de l'État, leur participation au gouvernement d'Union Nationale et donc un poste de Ministre (le rêve).

 Les opposants

Dans ce groupe, on peut trouver l'opposition radicale -je ne sais pas qui leur a donné ce nom-les membres ne se font pas confiance.

Ça promet , ça promet, mais le père Noël ne passe jamais.

Information : on peut voir les plus courageux et assidus à la plage tous les samedis.

 L'épervier déplumé

C'est le frère de la nation qui a voulu être le Premier Fils du pays à la place de l'original.S'il est chanceux,on le reverra.

 Le professionnel international

Il a une expérience chez les Yovo (blancs). On ne le voit et ne l'entend que tous les 5 ans.Pas avant , parce qu'il est très occupé dans son autre pays.

 Le blessé de guerre 

Ancien propposant ou pas, ce qui est sûr , c'est qu'il a pris la brousse, ou, par pirogue, il a traversé un ou deux marigots pour se retrouver au Bénin ou au Ghana.Ensuite, un avion pour aller goûter à l'hiver français ( c'est la France qu'on connaît !!!).

Pourquoi? Parce ce qu'il a fâché Quelqu'un.

 Les chasseurs de primes 

Ils n'ont ni favori ni sauveur.Ils offrent leur service au plus offrant.Tu paies, ils te suivent.Tu ne paies pas , ils iront voir ailleurs.

 La petite histoire

 « ... Tu vois un bonhomme crier à en perdre la respiration '' c'est ça ou rien,votez pour le Coq votez pour le Développement ''.À côté de lui, un coq blanc (la mascotte) qui se croit au paradis, parce qu'il savoure du maïs séché à volonté.Le message est clair : ''nous allons manger le Général et son Maïs'' ( l'emblème des Rassembleurs).

Tout le monde applaudit, parce que chacun essaie de visualiser son futur : ''Hum! avec le Développement qui s'annonce.....''

Mais comme dans ce Togo où les miracles prévalent sur la réalité, c'est le contraire qui s'est produit : le Maïs et le Général ont dégusté du poulet bien braisé.Quant au Développement ….

Quelques années après, le bonhomme réapparaît ( il a connu d'autres acrobaties avant que le Général-Père-Président ne casse sa pipe).Le Premier fils de la nation remplace le Père ; il est Faure,et il fait naître la Colombe (emblème) qui ne mange pas de Maïs.Son but est d' UNIR tout le monde.

Notre bonhomme acrobate ne veut plus souffrir sans son Coq,après tout, Oiseau c'est oiseau. il devient PM.

- Il faut faire la Réconciliation!

-Mais PM, ça va être quand ça ? Et le Développement?

-Mon pti, tout est en marche !!! »

 (To be continued)....

 C'est ça la politique Made in Togo.Quand ça te prend, tu ne peux plus y échapper, les maux de tête commencent, et les jurons, et ….

Je me suis longuement demandé comment raconter un tel traumatisme.

Mon ami m'a donné ce conseil : « utilises l'option Terre à terre, sinon tu vas les faire pleurer »

C'est ce que j'ai essayé de faire, sans aucune volonté d’offenser.

Pourtant c'est vrai : toutes ces acrobaties me donnent  souvent envie de pleurer...

 Kèdèèè \./

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Photo montage
Photo montage

J’ai du chagrin, je suis un peu en colère. Les gens vont dire que je suis jaloux, mais hoooo! Je ne vais pas maigrir.

La faute à l’actualité, la faute aux médias et tout leur tralala.

Depuis plusieurs jours, lorsque j’allume la télé : UKRAINE

À la radio, la chaîne d’information que j’ai captée, diffuse une émission au cours de laquelle, des gens plus ou moins célèbres sont invités à parler d’eux, à donner leur opinion sur un sujet d’actualité, etc. C’est un genre de « Talk-Show » télé et radiodiffusé très suivi ici.

Petite précision : tout ça se passe pendant que je me trouve dans le froid polaire nord-américain.

Durant, l’émission, une journaliste et un spécialiste aussi invités, vident leur sac et sortent le mot magique : UKRAINE.

Sur le plateau, ils s’indignent tous de la situation, ils sont remontés contre Vladimir,« ...c’est la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, sauf en  Bosnie qu’on voit autant de morts dans les rues en Europe…c’est inadmissible ». Ils ne sont pas Ukrainiens, mais en tant qu’humains, ils sont révoltés.

Ma tension monte. Je pousse un juron pour faire passer la frustration. Au plus profond de moi, je compatis aussi aux durs moments que vit le peuple ukrainien. Je zappe un peu… puis j’éteins la télévision avec un autre juron. Et je vais dormir. C’est dimanche.

Le lendemain, c’est la même rengaine, les médias nord-américains ne parlent pas de la tragédie centrafricaine.

Pour moi ça sous-entend : « Des Africains qui s’entretuent , ce n’est pas nouveau. On s’en fiche. Quand ça atteindra au moins 800 000 morts, on ira faire quelques reportages et on pourra aussi interviewer deux ou trois salopards futurs pensionnaires de la CPI (Cour pénale internationale ».

Les médias sont très puissants ici, et très souvent l’opinion publique s’y réfère pour avant d'agir ou de réagir. Les gens ne prennent conscience des tragédies qui ne se déroulent pas chez eux que lorsque les médias en parlent et en reparlent.

Au moment où je rédige ce billet (à la va-vite), c’est la loi anti-gays en Ouganda qui fait la manchette des médias sur le plan international ; et le « petit Yovo (blanc) » essaiera de savoir dans quel coin du monde se trouve ce pays. Quant à son président Yoweri Museveni, je l’imagine en train de pousser un énorme juron de satisfaction pour sa soudaine impopularité .

Pendant ce temps, ici, le massacre de jeunes collégiens au Nigeria est passé inaperçu ; pendant ce temps les Centrafricains essaient de survivre.

C’est parce qu’on parle des drames et qu’on les dénonce qu’on peut les arrêter.

Alors, chers médias, montrez plus d’attention s’il vous plaît !!!

Kèdè \./

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Nelson_Mandela-2008_(edit)

Ce billet est une réédition de Le courage du Héros mandéla, que j'avais publié en Juillet dernier.

Aujourd'hui, j'apprends que le héros vient de s'en aller; et c'est très humblement que je réédite ce hommage.

Mes yeux de petit garçon africain ne comprenant encore rien au monde, ont vu à la télé un vieil homme grand et souriant, le poing levé vers le ciel.

Mes oreilles  de jeune adolescent ont entendu tant d’éloges à propos de lui, de son combat, de son sacrifice et de ce qu’il représente pour son pays.

Ma pensée de jeune homme a parcouru sa vie à travers plusieurs œuvres littéraires dont  le formidable Mandela's way : fifteen lessons on life, love, and couragede Richard Stengel ; et le très inspirant Conversations with myself, de Mandela lui-même.

Mandela a souffert, beaucoup, vivant l’oppression de son peuple, il a connu la prison, vingt-sept années: cet homme a failli être détruit; mais il a tenu bon parce qu’il croyait fermement que sa lutte était juste et légitime, il croyait au bon combat.

Mandela avait compris qu’il pouvait utiliser l’arme la plus forte pour gagner : l’AMOUR

Il a su convertir une possible haine en amour; transformer la colère en irrésistible  sympathie.

Mandela a su choisir l’espérance en une Afrique du Sud meilleure, un pays sans Apartheid; il s’est, avec courage, mis au service de son pays, sans arrière-pensée, mais en toute humilité.

Le véritable héros est  aussi celui qui sait dominer sa colère et sa haine

Mandela en est la preuve vivante. C’est pourquoi il est un exemple à suivre, et qu’il fait la fierté de son pays et de son continent.

Tous ces hommes et femmes d’État actuels ou futurs à travers l’Afrique, devraient trouver en lui l’inspiration et le courage nécessaires au moment de prendre des décisions, et gouverner non  dans l’oppression et la haine mais plutôt dans l’amour et la justice. Ainsi, ils trouveront, au plus profond d’eux-mêmes, le héros qu’ils devraient être pour leur peuple. Il n’est jamais trop tard pour ça.

Nelson Rolihlahla Mandela, est et restera légendaire dans le cœur des gens. Et quelle que soit l’issue de son nouveau combat, il l’a déjà gagné, c’est pour cela qu’il restera ÉTERNEL.

Hommage à tous ces héros et héroïnes connus ou dans l’ombre, qui chaque jour, avec courage et amour, contribuent à rendre ce monde meilleur.

Au moment où je réédite ce billet, Mandéla vient de gagner son dernier combat.Pour une rare fois je finis par ces mots en anglais:

One Legend,one Africa.
Mandela Has Win His Last Contest.
Africa Has lost A hero,but The man Still an Inspiration.HE showed us to be proud to be black,to be african.He showed us love and forgiveness.Bye Bye Madiba.

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rfi_logo
Crédit : RFI

Je suis Togolais, j’ai grandi avec Radio France Internationale (RFI). À l’époque où j’étais jeune écolier, RFI était notre réveil. Mon père en est un grand fan ; et chaque jour c’était la même chose, dès que je l’entendais, je savais que c’était le signal : il fallait se lever et se préparer pour aller à l’école ; ce que je ne faisais pas de gaieté de cœur.

Puis, en grandissant, en comprenant peu à peu la complexité du français, c’est devenu un réflexe. J’ai commencé par écouter RFI par moi-même. Je ne me réveillais plus seulement avec RFI, je dormais avec RFI, je vivais avec RFI.

Cette radio m’a littéralement changé. Elle m’a fait voyager, m’a fait découvrir le monde, oui à moi, jeune enfant d’un pays d’Afrique occidentale, je savais comment le monde et mon Afrique se portaient tous les jours. RFI m’a fait rêver.

Je ne suis pas toujours d’accord avec certaines opinions. Je n’aime pas entièrement la programmation, mais pour moi c’est la meilleure des radios.

C’est grâce à RFI que moi,Africain, japprends à connaître l’histoire de ceux qui m’ont précédés, à travers l’incontournable Archives d’Afrique du fabuleux Alain FoKa.

C’est cette Radio-écoutée en ondes courtes- qui m’a gardé connecté au monde lors de la crise postélectorale de 2005 au Togo.

C’est aussi grâce à RFI et notamment au formidable duo Ziad Maalouf – Simon Decreuze que j’ai pu faire partie de la première promotion de l’extraordinaire aventure  qu’est Mondoblog.

Je me rappelle aussi des discussions que mes amis et moi, tenions sur l’actualité internationale; sur le talent de Christophe Boisbouvier à questionner tel ou tel chef d’État ; sur la voix originale de Laurent Sadoux ; les couleurs tropicales de Claudy Siar…

Tant de grands noms à RFI !

Au moment où j’apprends ce drame, la voix de Ghislaine Dupont me raisonne dans la tête; mes yeux sont rouges. Je n’ai jamais rencontré Ghislaine, ni  Claude Verlon, mais je l’ai connais, par leur travail exceptionnel et héroïque un peu partout en Afrique. Oui, ce sont des HÉROS !

Je pense aussi  à tous les journalistes de Radio France Internationale, à cette famille dont je suis peut –être l’arrière arrière-petit-fils à  travers Mondoblog ; à tous ces hommes et femmes, journalistes  courageux, partout dans le monde.

Aujourd’hui, RFI, connait un drame, je connais un drame; RFI souffre, je souffre; RFI pleure, je pleure;

Mais Radio France Internationale, sache que tu n’es pas seule! Et  comme le dit Laurent : « Prends soin de toi, chaque jour est une vie ».

Mes sincères condoléances

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EyademaMon Général, cher Gnass, cher Baba,au moment où  vous êtes la vedette de l’émission Archives d’Afrique de Radio France Internationale, je me permets avec la plus grande humilité de vous envoyer ces quelques mots. Oui, vous raconter ce qu’est devenu le Togo après votre long voyage sans retour.

Mon général, votre rejeton est vraiment « Faure » hein ! Il a quitté Lomé II ; je pense qu’il essaie de battre tous vos records personnels : humm ! Il est très dangereux.

Aujourd’hui, il fait copain-copain avec le Yovovi (petit blanc) Gil, qui vous a causé tellement de maux de tête en votre temps.

À cause de ça il n’y a plus de défilé du 13 Janvier, votre Noël ; donc vos forces armées (FAT) doivent s’ennuyer  dans les casernes.

Alors, je me permets de poser cette question : Était-ce lui que vous aviez vraiment désigné comme successeur ? (je garderai le secret)

Baba, au moins, il a fait renommer l’aéroport international de Lomé en votre nom, et on vous appelle maintenant Père de la Nation.

Mon général, Huit ans déjà huit ans plus tard, la situation du pays n’a pas vraiment changé, le quotidien de votre peuple ne s’est pas amélioré. Chacun « se défend » comme toujours, à la togolaise.

Ah! Vos enfants se sont disputés, Kpatcha (le gros) est en prison quelque part dans le pays; personne ne sait s’il sortira un jour; et puis on s’en fout !

Votre petit biologique a fait dissoudre votre fils idéologique, votre parti, le RPT n’est plus, du moins sur le papier; maintenant c’est UNIR, et il punit l’opposition avec.

Et puis, votre pote,  le Général Tidjani « Adidas » est mort aussi ; il a fini comme …; je ne sais pas si vous l’avez croisé  et l’avez reconnu là où vous êtes, parce que vers la fin, il avait trop maigri.

En tout cas, mon Général, vous  aviez des amis, qui ne vous ont pas renié : Son excellence Koffi  vous a beaucoup pleuré, et publiquement : je l’ai vu à la TVT

Quant à votre cher ami Jacques, il vous a rendu hommage en reconnaissant son amitié personnelle; mais bon, ça fait huit ans déjà, le temps passe vite; il a vieilli lui aussi. Il n’est plus à la tête de la république française, et franchement, il a d’autres chats à fouetter en ce moment.

Mais mettez-moi dans la confidence : combien avez-vous fait mettre dans les mallettes noires à destination de l’hexagone durant les quatre décennies passées au pouvoir ?

 J’ai encore tellement de choses à vous dire mais je vais m’arrêter là.

Sachez que : Quoi que vous ayez fait, moi, je ne vous déteste pas; ce qui est fait est fait; nous, togolais, avons besoin de panser notre passé, de prendre en main notre présent, à travers la vérité et la sincérité,  et surpasser l’amertume et la rancœur pour façonner notre futur.

 Vos maximes et proverbes légendaires nous manquent. Pour la route, je me permets d’en mentionner quelques-uns :

« C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle »

« Celui qui a la diarrhée n’a pas peur de l’obscurité »

« S’il n’y a pas un traitre dans le foyer, le sorcier du dehors ne peut jamais vous atteindre »

Kèdèèè !!!

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Nelson_Mandela-2008_(edit)Mes yeux de petit garçon africain ne comprenant encore rien au monde, ont vu à la télé un vieil homme grand et souriant, le poing levé vers le ciel.

Mes oreilles  de jeune adolescent ont entendu tant d’éloges à propos de lui, de son combat, de son sacrifice et de ce qu’il représente pour son pays.

Ma pensée de jeune homme a parcouru sa vie à travers plusieurs œuvres littéraires dont  le formidable Mandela's way : fifteen lessons on life, love, and courage, de Richard Stengel ; et le très inspirant Conversations with myself, de Mandela lui-même.

Mandela a souffert, beaucoup, vivant l’oppression de son peuple, il a connu la prison, vingt-sept années: cet homme a failli être détruit; mais il a tenu bon parce qu’il croyait fermement que sa lutte était juste et légitime, il croyait au bon combat.

Mandela avait compris qu’il pouvait utiliser l’arme la plus forte pour gagner : l’AMOUR

Il a su convertir une possible haine en amour; transformer la colère en irrésistible  sympathie.

Mandela a su choisir l’espérance en une Afrique du Sud meilleure, un pays sans Apartheid; il s’est, avec courage, mis au service de son pays, sans arrière-pensée, mais en toute humilité.

Le véritable héros est  aussi celui qui sait dominer sa colère et sa haine

 Mandela en est la preuve vivante. C’est pourquoi il est un exemple à suivre, et qu’il fait la fierté de son pays et de son continent.

Tous ces hommes et femmes d’État actuels ou futurs à travers l’Afrique, devraient trouver en lui l’inspiration et le courage nécessaires au moment de prendre des décisions, et gouverner non  dans l’oppression et la haine mais plutôt dans l’amour et la justice. Ainsi, ils trouveront, au plus profond d’eux-mêmes, le héros qu’ils devraient être pour leur peuple. Il n’est jamais trop tard pour ça.

Nelson Rolihlahla Mandela, est et restera légendaire dans le cœur des gens. Et quelle que soit l’issue de son nouveau combat, il l’a déjà gagné, c’est pour cela qu’il restera ÉTERNEL.

Hommage à tous ces héros et héroïnes connus ou dans l’ombre, qui chaque jour, avec courage et amour, contribuent à rendre ce monde meilleur.

 

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Le Général Hogg, Commandant de l’Armée de Terre des Etats-Unis, Division Afrique, en visite au Togo en janvier 2011(cr. Master Sgt. Christina Bhatti-Madden)
Le Général Hogg, Commandant de l’Armée de Terre des Etats-Unis, Division Afrique, en visite au Togo en janvier 2011(Crédits photo: Master Sgt. Christina Bhatti-Madden)

On les appelle ici « Sodja » en mina (prononciation dérivée de l’anglais « soldier »).

Les étudiants - comme d’habitude - leurs ont donné un autre nom «  Mon pays » .

Au Togo, tout ce qui porte un treillis (policier, gendarme, militaire…), et une arme, est un sodja;

Les FAT (Forces armées togolaises) ça se respecte, que tu l’aimes ou que tu ne l’aimes pas, quand tu croises un soldat, tu ne peux être indifférent; c’est un sentiment partagé, complexe à décrire.

Ils ont un langage particulier, même façon de parler quelles que soient leurs origines, le ton est haut et imposant, pour intimider au maximum : je pense que ça fait partie de la culture du métier (l’armée).

Leur nombre :

Honnêtement, je n’ai aucune idée de combien d’hommes compose l’armée togolaise; la rumeur occidentale parle souvent de onze mille (11000).

Les bérets rouges : c'est l'élite

Tous ceux qui ont suivi les défilés du 13 janvier pendant au moins 40 ans  les connaissent; ils ne rigolent pas, très disciplinés, ce sont des durs à cuire; les para-commandos, quand tu en croises, faut savoir qu’il faut aller te barricader à la maison, ou faire un voyage sans retour dans un futur proche au Ghana ou au Bénin; parce qu’ils sortent seulement en cas de gros problèmes.

Les bérets verts :

Souvent de grands barbus baraqués, chargés notamment de la sécurité présidentielle. Ces types font peurs, même de loin.

Les araignées et les autres :

Les araignées sont apparues en 2007 ; ce sont eux qui bastonnent et gazent de temps en temps les gens à Lomé. Ils sont aussi en première ligne dans la lutte étatique contre le chômage des jeunes.

 « Nous serons là, nous serons là » (ma version)

Pendant des années, j’ai entendu ce refrain tous les 13 janvier du Général-président, sans savoir vraiment ce que ça voulait dire : j’ai fini par comprendre :

Nous serons là, pour vous protéger contre vous-même;

Nous serons là pour vous matraquer ou (pire) vous zigouiller si vous insistez, au nom du Général;

Nous serons là pour faire les  (bons) choix pour vous.

Les FAT à l’international pour maintenir la paix :

Le Togo s’est toujours porté volontaire pour envoyer ses troupes un peu partout. Nous sommes présents notamment au Mali, membre de la MISMA.

L’armée républicaine :

Les FAT sont au service de la Nation entière- d’après leur site internet- avec entre autre pour mission la défense du territoire.

Hmm ! Il préfère quand même le chef de  l’État, chef Suprême des armées.

Les gentils :

Dans tout homme il y ‘a un gentil. Dans nos FAT, il y en a beaucoup et très compréhensifs ; il faut juste être chanceux pour tomber dessus. C’est comme la LONATO (Loterie togolaise), on ne gagne pas tout le temps, mais quand ça arrive c’est le jackpot.

On en a vu aider les populations durant les inondations qu’a connues le pays.

Chef pardon!

Un conseil; si tu te crées  un problème avec un Sodja, n’essaies pas de jouer au plus fort, à l’intelligent ou à l’intellectuel (à moins que ton oncle soit Colonel, ou un peu connu) : il n’aime pas ça.

La phrase magique pour t’en sortir c’est : « Chef pardon ! Chef, vous êtes trop bon! ». Il s’adoucira, et sera peut être ouvert à des négociations monétaires, à moins que ce soit trop grave.

Choisis aussi le bon moment comme : la journée de payement de leur solde, ils sont très souriants, sauf que ça ne dure pas longtemps; et prie, pour que les éperviers du Togo gagnent, car c’est un jour où tu peux même marcher la main dans la main avec un soldat.

En gros, les forces armées togolaises, sont dans la même galère que nous simples civils.

L’armée joue souvent au bourreau, au criminel mais peut aussi être libératrice, ou héroïne. Ces soldats sont juste des togolais comme les autres, sauf qu’ils ont un treillis et une arme.

Et dans l’histoire du Togo, celui qui tient l’armée, détient le pouvoir.

Kèdèèè à tous nos chefs !!!

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Pas si propres que ça, ces politiques françaisJ’adore commenter l’actualité politique française : ils parlent de nous, alors pourquoi ne pas parler d’eux ?

Il y a quelques mois j’avais écrit Patrimoine de chef d’état, dans lequel, je comparais le patrimoine publié de François Hollande, président français à ceux (inavoués) des dirigeants togolais. Naïvement, j’avais cru que les ministres français suivraient leur patron dans la démarche, mais non !

Aujourd’hui, toute la classe politique française, entre autre, se sent surprise et trompée, après qu’un ministre eut avoué détenir un compte non déclaré à l’étranger.

Je ne comprends pas leur étonnement; c’est quelque chose qui fait sourire au Togo.

À Lomé, la confiance n’est pas notre point fort vis-à-vis de nos politiques : on se dit qu’ils sont là d’abord pour se servir, ensuite se servir, enfin se servir, et après ,avec un peu de chance accomplir quelque chose de concret pour le pays avec les miettes qui restent.

Les « beaux parleurs français »comme on les appelle souvent ici, on s’en méfie : on connait notamment, le secret de polichinelle qu’est l’histoire des

« Mallettes de la Françafrique ».

Come on ! On ferme plus ou moins les yeux sur les milliards détournés par les dirigeants africains qui atterrissent  dans des banques européennes ou ailleurs, en vertu d’un « foutu » secret bancaire.

Ce qui est curieux en France c’est que leurs dirigeants sont souvent rattrapés par des affaires louches (présumées ou avérées) qui ont rapport avec l’argent : Giscard d’Estaing avec les diamants de Bocassa, Chirac avec les emplois fictifs de Paris, Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, etc : c’est même devenu une habitude. Tout ça n’a rien de nouveau.

Donc sans « l’affaire Jérôme Cahusac », aucun ministre ou parlementaire français n’irait publier son patrimoine ? Il n’y aurait pas de projet de loi pour moralisation de la vie politique ?

De Droite comme de Gauche, ceux qui crient aujourd’hui, mais prient pour une amnistie fiscale , doivent surement craindre le possible Tsunami « Offshore Leaks » qui risquerait  de les balayer.

Cette affaire prouve aussi, qu’on soit togolais ou français, être politicien, ne veut pas dire qu’on est systématiquement propre.

Cahuzac le trompeur et l’impardonnable (selon Hollande), aura au moins le mérite d’avoir permis de lever le voile sur les pratiques douteuses des politiques français, et motiver «le guerrier Hollande»  à mobiliser ses troupes contre un nouvel ennemi à plusieurs têtes :

les Paradis fiscaux.

Affaire à suivre…

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Crédit : www.izf.net
Crédit : www.izf.net

Je viens de rencontrer une française, qui à mon grand étonnement, connait assez bien mon pays :

Elle : « En 2009, j’ai décidé de voyager pour la première fois en Afrique, et j’ai choisi le Togo »

Moi : « Et alors ? Comment l’as-tu trouvé ? »

Elle : « C’était un choc, sur tous les plans; il est assez extraordinaire et bizarre à la fois ton pays »

Alors, s’en suivit tout un exposé sur le Togo devant mes autres amis (un peu étonnés) qui posaient des questions; ce n’était pas moi qui parlais mais Christelle (la française). Elle a expérimenté la vie à la Togolaise, et voulait à tout prix la raconter.

Ce qui est intéressant quand on est togolais à l’étranger, c’est que tu peux totalement réinventer ton pays (juste pour connaitre l’impression des gens), car personne ne connait, sauf,peut-être un peu de nom, s’ils ne le confondent pas au Congo, et bien sûr, les autres africains). Quand je dis « Togo », les gens me répondent : « je n’en ai jamais entendu parler ». En gros, on n’existe pas en dehors de l’Afrique.

Je peux faire tout gober aux gens pour qui (ils sont nombreux), le monde se limite aux pays riches et à leurs destinations touristiques préférées mais pas un « beau » petit rectangle situé quelque part en Afrique de l’Ouest.

Je peux leur faire croire que nous avons le métro qu’ils me croiront; que nous, togolais, sommes très heureux et que nous roulons sur l’or.

Mais non, mon pays n’est pas comme ça, nous souffrons. Et  nous avons de nombreux problèmes :

C’est chez moi que les autorités disent « tout va bien » quand tout va mal

C’est chez moi qu’on se téléporte d’un cimetière pour aller bruler un marché

C’est chez moi qu’on bastonne très souvent les manifestants

Nous avons une armée antirépublicaine qui a même fait le buzz sur Youtube

Nous ne sommes pas une monarchie, même si chez nous le fils a succédé au père;

Petite équation :      Poche du pays = poches des gouvernants

Donc c’est ça, tout comme moi, mon pays est un grand malade; il y a des choses qui me font pleurer, rire de fierté, d’autres me dépriment, me révoltent et me rendent malheureux, mais bon! La fatalité n’est pas togolaise.

Nous sommes un peuple paisible, tolérant et très accueillant; nos femmes sont fortes, elles ont fait la grève du sexe il n’y pas longtemps pour contraindre les hommes à s’impliquer davantage pour rendre le Togo meilleur.

Alors étranger ! Si tu recherches quelque comme ça, ne te casses pas la tête, pense à nous, penses au Togo, viens et vas, parle de nous, fais connaitre mon petit Togo.

Et puis, si tu te comportes bien, je te décorerai de l’Ordre du Mono, « en vertu des pouvoirs qui me seront conférés » dans un lointain lointain futur si je deviens « extra »ordinairement président .

Kèdèèè!!!

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Image :  Achille D. (sikaamags.info)
Image : Achille D. (sikaamags.info)

Enfant, je rêvais que je faisais partie d’une unité de Delta Force américains commandée par Chuck Norris débarquée à Lomé pour changer les choses. Mais en grandissant, j’ai compris que c’était trop demander à « l’Oncle Sam ». Chez moi, à Lomé, personne ne le niera, nous avons toujours vu dans Les États-Unis d’Amérique, un sauveur. Et, même si ce sauveur, ne se montre pas, nous avons très souvent tourné nos regards vers lui : quand nous sommes dans des troubles politiques, nous pensons aux États-Unis; lorsque la vie à la Togolaise devient insoutenable, notre seul espoir est de Gagner à la Loterie Visa pour partir aux « States »…

Mon ami Jean est  togolais, non, il est américano-togolais, car pour lui, aujourd’hui les États-Unis passent avant tout; le Togo et sa gangrène politico-militaire est loin derrière comme il le dit si bien : je me bats pour la réélection de mon Président « my President  » : Barack Obama. Il lance même un juron quand je prononce  « Faure Gnassingbé ».

Membre du parti démocrate, un gros diplôme d’ingénieur en main, il parle l’anglais comme si elle avait  toujours été sa langue, quand à son français « Made in Togo », il est désormais bourré d’accents anglophone : aujourd’hui c’est un américain complet, comme on en voit dans les films hollywoodiens.

 Ce n’est plus le même, il a dépassé La vie à la Togolaise depuis belle lurette.

Il a réussi.

En 2008, j’ai suivi avec passion  la présidentielle, et tout l’engouement autour, à la télé bien –sûr ; et jusqu’au dernier moment, je suis resté très sceptique quant à l’élection de Barack Obama.

Normal, je garde le traumatisme des différentes élections togolaises jonchées de fraudes et de violences.

Et quand je lui pose la question : « Penses- tu que ton candidat gagnera cette élection  du 6 Novembre 2012 ? »

Il me répond : «  je suis confiant. Mais tout est possible, et c’est aussi ça le jeu démocratique américain; chacun à sa chance. Tout est, et reste possible en Amérique, malgré toute cette crise économique et cette guerre interminable contre le terrorisme, l’American way of life demeure. Tu sais, au pays, le seul rêve que je pouvais me permettre, était de devenir Professeur de sciences physiques dans un lycée; ici, je suis maître de mon avenir, je peux critiquer, je ne peux pas devenir président, mais mes futurs enfants auront peut-être cette chance ».

Quant à moi, toujours togolais, je passerai la nuit de mardi au Mercredi, les yeux rivés sur la télé et les oreilles sur RFI , attendant encore une fois l’histoire se réécrire, comme si j’étais américain !

Kèdè !!!

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Des étudiants poussant un bus universitaire en panne
Des étudiants poussant un bus universitaire en panne

De l’étranger, quand mon portefeuille me le permet et que le décalage horaire est propice, j’ai l’habitude de téléphoner à mes amis restés au Togo pour savoir comment ils vont, parler du bon « vieux » temps, s’encourager mutuellement et  rigoler un peu de tout quoi !

Et quand je leur dis : Ce n’est pas facile ici ! ils rétorquent : « Et alors, ça ne peut pas être pire qu’ ici, mon frère ».

« Ici comme tu le sais, le climat politique légendaire nous assomme, l’économie accable. À 25 ans, avec une maîtrise universitaire, je ne trouve ni emploi, ni stage; mes parents sont pauvres; j’ai tellement écrit de Cv qu’ils rempliraient une encyclopédie. Je ne trouve ni de place dans la fonction publique, ni dans le privé. Je suis acculé comme la grande majorité de nos compatriotes »

«Toi qui est né dans cette réalité tu sais comment les choses fonctionnent au pays, je te le dit tout de suite : ça va à la togolaise. »

Cette expression prend tout son sens :

Quand à 25, 35 ans, tu restes très dépendant de tes parents,

Quand  tes diplômes universitaires te permettent de décrocher un   boulot de chômeur  ou de  travailleur autonome «Zémidjan » conduisant une  Moto carcasse « 125 » made in China,

Lorsque tu es tellement fauché que ton alimentation se limite à du    « AZO » (haricot)

Que  le versement trimestriel des 20 000 francs ( VingT)-on prononce bien le T- est le seul moment de sourire à l’université ,

Quand  l’armée te dit-lorsque tu manifestes- «  dispersez-vous  ou l’on vous disperse, et par la force», te bastonne te gaze et t'emprisonne,

Quand  ton petit magasin d’alimentation générale croule sous l’eau en raison d’inondation

Lorsque pour  avoir une carte d’identité tu graisses les pattes d’un policier qui t’humilie 77 fois avant de te rendre le service,

Et quand finalement, fatigué, tu décides de quitter le pays, et après plusieurs semaines de jeûnes et de prières, l’endettement, et des heures passées sous un soleil terrible devant des consulats/ambassades occidentales, on te tamponne dans le passeport « APPLICATION »

Etc etc

Tu VIS à La Togolaise

Voilà cette réalité gangreneuse et sempiternelle, une galère avec un grand G; C’est ça  « aller à la togolaise »

Kèdè!!!

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www.esbussigny.ch
www.esbussigny.ch

J’ai reçu cet email (que j’ai copié-collé sans modification de l’original) intitulé : j’ai besoin de ton aide s’il te plait !

« Bonjour
Comment vas-tu ? J’espère que tu vas bien car moi je suis présentement à Londres pour une mission, j'en ai au maximum pour 5 jours mais, je t'écris ce mail non seulement pour prendre de tes nouvelles mais aussi solliciter ton aide car je suis présentement dans un problème urgent je me suis fait voler ma valise à l'aéroport. J'avais dans la valise l'enveloppe contenant l'argent de mon séjour ainsi que mon téléphone portable que j'avais rangé dans une poche de la valise et voilà que je me retrouve sans liquidité je suis logé dans un hôtel ou je dois pour deux jours. La somme pour m'acheter mon billet pour mon retour a été volée, alors que j’‘avais payé seulement que mon aller. J'aimerais te demander de bien vouloir m'aider et me faire parvenir la somme de 1.400 € par western union.
Si tu fais le transfert envoie tous les références et le bordereau de transfert WESTERN UNION par émail dans ma boite. Mais surtout ne t'inquiète pas une fois rentré je te rembourserai. C’est un prêt.
Merci d'avance et que Dieu te bénisse
. »

Ce courriel m’a été adressé par quelqu’un qui a piraté le compte d’un de mes amis et s’est  fait passer pour lui pour me soutirer de l’argent; bref une tentative d’arnaque.

Des arnaques sur Internet que j’appelle ici arnaques-city, il  y en a  de tout genre, et quelles que soient les techniques employées, elles visent généralement un même objectif : l’argent

Voici d’autres exemples tirés directement de ma boîte électronique (copié-collé, en les conservant à l’original) :

« Bien Aimée, en Jésus christ, de nos jours, les prières valent du temps ; beaucoup plus précieux que l’or et le diamant. Vous seriez présentement en train de surmonter de durs moments, mais sachez que le seigneur est prêt à vous bénir sur un Chemin, c’est-à-dire dans des situations où lui seul peut vous aider à y Garder foi... »

Qui croirait en lisant ces quelques lignes à une lettre d’appât d’arnaqueurs ? Pourtant c’est le cas.

La suite :

« …Je m'excuse pour cette intrusion, je me nomme DOMINIQUE BURDY
Géraldine née le 08 Octobre 1963 originaire de la France… J'ai dû vous contacté de cette sorte parce que je souhaite faire une chose très importante. …Cela vous semblera un peu suspect bien vrai que vous ne me connaissez pas et que je ne vous connais pas. En fait, Je souffre d'un cancer du cerveau qui est en phase terminale…Je suis veuve et je n'ai plus d'enfant ; car j’ai perdus mon époux et notre seul fils car un accident. Je suis hospitalisée à LONDRES en Angleterre à l’adresse:
639 Harrow Road Kensal Green…J'envisage de faire une donation de tous mes biens. J'ai presque vendu mes affaires dont une compagnie pétrolière, une partie de tout cet argent sera versée à différentes associations, ... Je ne sais pas dans quel domaine d'activité vous exercez mais je souhaiterais vous aider a aider les autres. J'ai en ce moment dans mon compte personnel compte bloquer, la somme de 250.000,00 € (Deux Cent Cinquante Mille Euros) que j'avais garde pour un projet de construction. Je serai grée de vous donner cet argent qui pourra vous aider dans votre entreprise et vos projets, je vous prie d'accepter cela car c'est un don que je vous fais et cela sans rien demander en retour…je ne veux pas mourir sans avoir fait don de tout cet argent sinon je pense que cela serait un gâchis. Veuillez me répondre directement via mon adresse E-mail le plus utilisé qui est: burdydominiquegeraldine@yahoo.ca
N’oublier pas de me laisse votre numéro et là si j’ai l’autorisation de mon docteur je vais vous appelle merci
NB: Je vous rappelles de m'écrire prochainement sur cette adresse:
burdydominiquegeraldine@yahoo.ca
Que la Paix et la miséricorde de Dieu soient avec vous.
Mme DOMINIQUE
Bien aimé »

 « Salut mon correspondant
Suite une recherche faite sur le net que je suis arrivé à extrait votre mail parmi tant d'autres. Je suis de la nationalité Canadienne, Infirmière en Imagerie Médicale en tant que Membre Administratrice d'une organisation normée ACPD en tant que Secrétaire de Direction. Je m'appelle 
LINA BREM , Je suis une chrétienne évangéliste j’ai 28 ans actuellement je suis à Londres pour un stage Je vous ai écris ce message dans le seul but de correspondre avec vous et d'y arrivé à une rencontre sérieuse. Je vous pris de me répondre dans mon adresse Yahoo:linabrem@yahoo.com
pour me confirmer votre acception… Amicalement ».
 

« Nous vous informons que votre adresse mail a été tirée au sort à la loterie MICROSOFT CORPORATION alors vous avez gagné une somme de 250.000 EUROS. Veuillez donc contacter Maître OUATTARA MAMADOU pour la démarche à suivre afin de rentrer en possession de votre gain de 250.000 EUROS.

E-mail: me.ouattaramamadou@hotmail.fr
SITE INTERNET: cabinetouattara.jimdo.com                

Contact Téléphonique: 00225 67 56 09 67 

Pour plus d'informations veuillez prendre connaissance de la pièce jointe.JE VOUS FAIS PARVENIR LES COORDONNÉES DE QUELQUES LAURÉATS DU PRÉCEDENT TIRAGE…

IMPORTANT : Nous vous prions de garder confidentiellement cette bonne nouvelle. Ne pas divulguer les informations de votre gain à une tiers personne jusqu'à ce que vous soyez en possession totale de vos fonds, afin d’éviter éventuel désagrément. »

Un gérant d’un cybercafé à Lomé m’a confié : « tu vois ces gars, ils ne vont pas au cyber pour s’amuser; ils ne travaillent pas à la Banque, mais ils peuvent gagner largement au-dessus du salaire mensuel du Directeur la BTCI. En une journée, ils peuvent devenir millionnaires, et quand ça arrive, ils jettent leur carte SIM et disparaissent pendant quelques semaines, ni vu ni connu»

 Les arnaqueurs sur Internet, sont de nos jours originaires d’un peu partout et on ne le dit pas souvent mais, ils ciblent tout le monde, sans exception. Pour eux, le Web est une ville globalisée et sans frontière.

Donc soyons vigilants !!!

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Photo aérienne du Joola, lors de son naufrage ,le 27 Septembre 2002. AFP
Photo aérienne du Joola, lors de son naufrage ,le 27 Septembre 2002.
AFP

Mon grand- père est décédé il y a quelques années, fauché par un automobiliste. Amené à l’hôpital, gravement blessé, il a été laissé sur une civière en attendant son tour au bloc opératoire. Il rendit l’âme quelques heures après, faute de soins.

En l’apprenant, le petit collégien togolais que j’étais, fut inconsolable.

Ces drames  sont légion au Togo et  en Afrique. Et on se console souvent en disant « c’est la volonté de Dieu »

Par ici, nos gens meurent un peu de tout; on meurt du paludisme, du Sida, de faim, d’une simple diarrhée, de petites infections.  Les gens décèdent par manque de soins et aussi parce que les hôpitaux ne disposent pas d’assez de blocs opératoires.

On meurt, victime du mépris de nos gouvernants : lorsqu’ils préfèrent financer des campagnes électorales étrangères, et acheter des armes au lieu de financer les soins de santé. Ils aiment mieux s’enrichir et enrichir des banques étrangères que d’améliorer le quotidien de  leurs concitoyens.

Impuissants devant ces drames et rongés par la douleur, nous, simples gens d’Afrique nous refugions dans la fatalité. Car avec elle l’insupportable devient tolérable :

C’est ainsi que l’incendit d’un camion-citerne qui fait plus de 85 morts au Nigéria, devient une banalité ; «  ça arrive souvent, c’est notre quotidien », on pleure et on oublie.

Une explosion de munition tue et détruit des habitations au Congo Brazzaville ; personne ne rend des comptes. Après tout, c’est normal, c’est l’Afrique.

Il y a quelques mois, un canadien posa cette question à l’africain fraichement débarqué que j'étais :

-Connais-tu le Titanic ?

-Oui !

-Ce fut un drame hein ? J’en pleure chaque fois que je vois le film

-Je lui demandai alors : Et toi connais-tu le Joola ?

-Non c’est quoi ?

-C’est un Ferry sénégalais qui a sombré au large de la Gambie en 2002; et ça a fait plus de morts que le Titanic (un peu énervé).

Mon ami n’avait pas tort de ne pas connaître la tragédie du Joola, lui qui habite à des milliers de kilomètres. Pourtant, nous, africains (la majorité) n’en avons aucune idée. Car en parler ou la commenter signifie pour beaucoup, perdre son temps dans des histoires qui n’intéressent pas grand monde. Ils oublient que parler des choses et les raconter, revient à ne pas les subir.

Quant à moi, lorsque  je pense au Joola et à toutes ces tragédies quotidiennes qui nous entourent,  je suis révolté.

 

 

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photo:www.togoone.com
photo:www.togoone.com

Quand je dis aux gens : « mon pays n’est pas une démocratie, nos  gouvernants sont  experts en fraudes électorales,… » Ça les choquent. Et j’entends ça : « quel est ton sens du patriotisme ? »

Pourtant je suis togolais ; et « je ne dénigre pas mon pays, je le défends »

Pour nos gouvernants, un citoyen patriote doit «  rester dans les rangs », fermer sa gueule, être docile ou ils l’encouragent à « la togolaise » à le faire. C’est ça la politique gouvernementale dans mon pays depuis des décennies.

Ils nous ont   imposé au Togo, ce que j’appellerai « patriotisme contrôlé » ; en résumé : «  je vois mais, je n’entends pas, je ne parle pas. »

« Je ne me mêle plus de ça ; ce n’est pas mon problème ; qu’est-ce que je gagne à aller manifester, après tout personne ne me connait moi ;  si jamais je me fais arrêter, personne ne viendra à mon aide ; je ne me mêle plus de ça hein » : Voilà comment nous togolais, avons longtemps enduré les injustices sans rouspéter, accepter les humiliations sans réagir.

Ainsi, tous ceux qui racontent notre pays avec vérité, sincérité et courage sont mal vus, vilipendés, considérés comme des ennemis. Pourtant en quoi est-ce un crime de refuser de subir les choses, de redessiner un rêve, celui de son pays ?

Quant à moi, je suis peiné de voir que les choses ne changent pas dans mon pays.

Mais je suis sûr d’une chose : ni le titre ni les décorations ne font le patriote !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Certains agents à l’aéroport de Lomé ne connaissent qu’un langage : l’argent, celui du bakchich.

 Ce sont  les plus serviables au monde, sourire aux lèvres pour l’étranger qui arrive ou qui part; faire bonne impression pour que ce dernier daigne revenir ; l’hospitalité.

Pour l’agent typique, payer un bakchich  est une obligation pour le voyageur. C’est pour cela  qu’il fait semblant d’ignorer les quelques anomalies sur le passeport et les bagages du Yovo (Blanc).D’habitude, il  prend son billet discrètement, avec une main à moitié ouverte, les yeux à 180 degrés  et le visage tourné vers une autre direction, pour être sûr que personne ne regarde; pourtant cette routine est connue de tous, à Lomé.

Ensuite, il  glisse le billet dans sa poche sans avoir eu le temps de connaître sa valeur. Quelques minutes après, il le sort pour enfin savoir. Quand c’est un Franc cfa et de surcroit un billet froissé de 1000 francs, son regard s’assombrit, car 1000  Fcfa ça part vite à Lomé où les prix montent sans que les salaires ne suivent. Le prochain qui passera de son côté paiera le prix fort, surtout si c’est un compatriote.

Une autre manière, le billet est mis dans le passeport avant d’être remis à l’agent. Et quand il l’ouvre, il découvre son présent, et le met dans la poche; « ni vu, ni connu ».

Le jack pot, c’est l’Euro, normal, la parité est plus avantageuse. Et là son expression faciale est différente ; «  un bon voyage » sincère accompagne le voyageur.

En gros, le bakchich est de règle; c’est cela, le vrai bon de sortie ou d’entrée. Et c’est pire  aux frontières terrestres. Que ceux qui parlent de libre circulation au sein de la CEDEAO, aillent faire un tour à la frontière d’Aflao (Togo /Ghana); ils sauront que le vrai passeport c’est l’argent. Et chaque camp, des deux bords de la frontière, en tire un profit hebdomadaire important aux dépends de la population. Nos dirigeants le savent, mais ne font rien, rabâcheurs qu’ils sont.

Et chaque fois que, j’ai eu l’occasion de passer cette frontière, c’est toujours la même rengaine.

Le leitmotiv est clair pour eux : qui ne paie pas, ne passe pas.

 Le jour de mon départ pour Montréal, j’ai fait cette expérience amère :

Mon vol était prévu pour Quatre heures du matin; l’heure idéale pour fausser compagnie aux amateurs de pots de vin. Enfin c’est ce que je pensais.

Une fois l’enregistrement  (incluant la pesée de mes bagages) fait, j’arrivai devant un genre de petit couloir barré qui mène à la salle d’embarcation. À côté, deux agents assis au guichet; le premier, un chauve en civil, surement le chef, l’autre en uniforme de je ne sais quelle unité, perdu dans ses pensées.

-« Passeport ! », me demanda le type en civil

Ce que je lui remis avant même qu’il eut terminé de prononcer le mot.

Il le fouilla, refouilla, et refouilla encore, puis leva un regard déçu vers moi

- « Donc vous nous quittez ! Ok ». Il prit une torche, l’alluma et la pointa sur le visa, avec un air de joaillier vérifiant  la pureté d’un diamant. Pendant ce temps  son collègue, me regardait fixement.

L’autre, terminant, son «  travail d’expert », referma le passeport, et commença à me regarder à son tour, après avoir échangé un petit regard avec son collègue. J’avais donc deux regards sur moi, braqués en silence pendant près d’une minute.

Et là  j’entendais deux noms, dont le mien être appelés (les retardataires).

« Écarte –toi! » :Lança l’agent chauve quand il vit un touriste, un français  par son accent, arriver.L’homme donna son passeport, qu’on lui remit instantanément après y avoir tamponné un bon de  sortie. Puis il disparut derrière la porte menant à la salle d’embarcation.

-« Mon frère, tu veux voyager non ? » me demanda l’agent chauve.

- Bien sûr ! 

-Vraiment ? alors fait ce qu’il faut !

-Faire quoi ? Rétorquai-je

-Tu ne sais pas ? Reste- là !

Puis ils se retournèrent pour parler entre eux, comme si je n’existais pas.

Je comprenais très bien, ce qu’ils voulaient c’était de l’argent. Mais pour moi, il n’était pas question de leur donner le moindre centime.

-« Désolé chef, je n’ai rien sur moi », en montrant mon portemonnaie vide et en tapotant les poches de mon jean .C’était vrai, je n’avais plus de FCFA, mais j’avais bien au fond de ma poche gauche une enveloppe contenant  quelques dollars canadiens.

« Dernier appel, pour monsieur …. ».Là les choses s’accéléraient; j’allais rater mon avion et les conséquences seraient désastreuses .Il me fallait prendre une décision, et vite; car j’étais acculé, j’étais seul, personne ne pouvait m’aider, et connaissant mes compatriotes  en uniformes, ils  feraient tout pour me retenir. Ce n’était pas le moment de leur tenir tête; ils pourraient prétexter n’importe quoi pour me faire rater mon avion; une anomalie dans mon passeport, par exemple.

 Je glissai la main dans ma poche, entrouvris l’enveloppe d’un doigt, et tirai un billet, priant que ce soit un 10 dollars, et  ce fut le cas. Je le leur tendis en les regardant fixement pour me remémorer leurs deux visages de rapaces. Alors il me remit mon passeport, avec un sourire victorieux.

Je me précipitai dans la salle d’embarcation où on fouilla mon sac à dos rapidement ; là deux autres m’attendaient,  deux gars armés,  avec le même refrain : « donnes quelque chose ».

-« Écoutez, je n’ai plus d’argent, et je n’ai plus le temps, j’ai donné tout ce que j’avais à vos deux collègues au guichet ! »

-« Bon passe, mais la prochaine fois, rappelle-t’en ! » Comme si je leur devais quelque chose.

Je fus le dernier à rentrer dans le bus, qui partit à vive allure sur le tarmac. En rentrant dans l’avion, une hôtesse avec un  grand sourire m’accueillit; une de ces filles Coca cola qu’on rencontre dans les avions; cela fit fondre toute ma colère. Mais, je ressentais une profonde amertume.

Quand l’avion décolla, je me fis une promesse, plus jamais je ne cèderai au chantage de ces hommes en uniformes.

Quelques heures plus tard, arrivé à Casablanca où  je devais changer de vol pour Montréal, je connus une mésaventure presque similaire, en vidant mes poches avant de passer le portique de sécurité.

Alors, je me suis dit : cette pratique de bakchich, d’intimidation et d’extorsion n’a pas de frontière. Moi, j’ai cédé à ce chantage , et je la dénonce ; ceux qui s’y refusent, livrent un bien  meilleur combat!

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John Atta Mills (Photo : jolome.com)

Pour une de ces rares fois, c’est vraiment triste d’apprendre le décès d’un président.

John Evans Atta Mills, président du Ghana, élu seulement en 2009, est décédé subitement le 24 juillet 2012.

Il ne faisait pas partie du club grandement ouvert des présidents mal élus ; président jusqu’à la mort, même tragique (l’exemple de Kadhafi le démontre). Pas assassiné non plus, comme Olympio, Sankara

Souvent on prie pour que Dieu nous débarrasse de nos dirigeants, dictateurs,          démon-crates qui s’accrochent  au pouvoir par dessus tout ; en martelant à qui veut l’entendre : « c’est Dieu qui donne le pouvoir, c’est à lui de le reprendre ». Ainsi Ils passent 5, 10, 20, 30 ans au pouvoir en faisant voler en éclats la barre du nombre de  mandat maximum par des tripatouillages.

Notre seul espoir de changement devient alors l’intervention Divine. Nous prions pour que Mère Nature agisse. Et même si c’est mauvais de vouloir la mort de quelqu’un, on le souhaite , pour enfin vivre, jouir d’une liberté qu’on ne voit qu’à la télévision.

Au Togo, je me rappelle bien de ce samedi 5 février 2005. Sceptique à propos des rumeurs (les on-dit de Lomé), en revenant de l’université, je m’étais précipité sur un poste radio déjà branché sur Rfi , attendant impatiemment une confirmation. À 18 h 30, la nouvelle tomba : «Le général Gnassingbé Eyadéma est mort». C’est un peu plus tard que la télévision d’État l’annonça, en parlant de véritable catastrophe nationale.

Cette nouvelle, contrairement au Gouvernement, s’est transformée en une réjouissance silencieuse dans le peuple, pour tous ceux qui rêvaient d’un autre Togo; une délivrance. Le visage des gens reflétait une joie. On a pleuré et ri, ivres de ce futur glorieux qui se profilait à l’horizon. 38 ans de « démon-cratie », c’était trop.

Le Ghana, est un pays frère; envié par nous, togolais, pour ses élections libres et transparentes. C’est aussi un refuge en temps de rafles et violences militaires.

Le décès de John Atta Mills est une tragédie. Le continent africain, vient de perdre un démocrate.

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« Impossible n’est pas togolais » : avons-nous l’habitude de dire à Lomé , mais quelques fois l’exception fait la règle.

J’ai appris qu’en France, beaucoup d’étudiants ont eu une moyenne supérieure à 20 au baccalauréat , notamment la meilleure qui a obtenu 20,71 ; bravo, il faut le faire!

Des surdoués, il y en a partout; et au Togo, il en a beaucoup, même si les difficultés finissent par avoir raison d’eux au fil des ans; ne bénéficiant pas de soutien de l’État.

 Les examens académiques au Togo ne sont jamais pris à la légère. On a hérité du système français, mais la rigueur, on se l’est inculquée nous-mêmes. Les examens togolais sont réputés pour leur caractère embarrassant. Notre système éducatif est comme ça. Il y a tellement de paliers, qu’arriver au baccalauréat que nous appelons ici le Bac 2 (baccalauréat deuxième partie),  est un parcours de combattant.

Attention, vous connaissez le Bac 1 (baccalauréat première partie) ou  Probatoire? C’est aussi une réalité à Togo; et c’est un bon entonnoir pour les autorités; un véritable filtre. En gros, c’est un autre examen académique, on le passe en classe de Première, ceux qui le réussissent, passent en Terminal et donc le Baccalauréat l’année suivante. Je peux vous assurer que ça fait des victimes, laisse plein d’élèves  sur le carreau; et des fois plus que le Bac 2 lui-même. Beaucoup de personnes ont dû abandonner leurs études à cause de ce «  foutu Bac 1 qui n’est même pas reconnu au-delà du Togo» - comme ils le disent- un bourbier presque incontournable, qu’ils passent deux, trois, quatre fois sans succès avant d’y renoncer, pour les moins persévérants.

Les autorités du pays ne peuvent faire face à un afflux de nouveaux bacheliers, donc ça les arrange. Il faut le dire, l’université est un autre bourbier, avec cette nouvelle trouvaille qu’est « le LMD à la togolaise ». « On ne veut pas d’un examen sans intérêt ou d’un diplôme déprécié, c’est ce qui fait notre réputation dans la sous-région » : ai-je souvent entendu.

Déjà, avoir 18 de moyenne est un exploit qui n’est pas donné à tout le monde (sauf, pour les petits princes qui n’ont même pas à passer l’examen; admis d’office !) .Vous pouvez trouver tout juste, mais une virgule de moins vous coûtera des points, et les matières facultatives ne pourront pas vous aider.

Il y a quelques années, beaucoup d’élèves togolais, partaient faire la classe de Première au Bénin voisin et revenaient au pays, un relevé de note en main, manière de contourner « l’obstacle » Bac 1 pour passer directement en Terminale. Certains passaient tout simplement les deux baccalauréats (Togo et Bénin), espérant soit le grand chelem ou la consolation d’en réussir un. Les autorités académiques, y avaient trouvé une parade : s’arranger avec les voisins béninois pour que les deux examens se tiennent les mêmes dates.

79,3% de réussite au baccalauréat général (en France) ne risque pas de se passer ici. Ce serait une catastrophe démographique dans nos universités; et je n’ai pas la mémoire qu’il y ait déjà eu 60% de taux de réussite (global) au Togo. Celui de 2011 était de 49,21%, un record depuis 1992 ; un taux pareil provoquerait la consternation en France.

 « Le jour où les poules auront des dents », et où il y aura assez de places pour s’assoir dans les amphithéâtres universitaires, nous verrons de tels taux de réussite au Togo.

Au moment où je mets en ligne ce billet, les résultats du Baccalauréat 2012 au Togo ne sont pas encore connus. Que la réussite soit avec tous les candidats !!!

Photo:www.pa-lunion.com

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Il n’y a rien plus déprimant pour un expatrié, après des semaines passées loin de tout, à chercher des solutions aux problèmes qu’il n’a pas causés (billet à venir), de voir que son pays connait encore des violences (officiellement déclarées).

Il faut le dire, manifestations et répressions vont de pair à Lomé; depuis deux ans, c’est rentré dans les habitudes hebdomadaires.

Très anxieux, la première chose à laquelle on pense, c’est la famille. J’ai donc appelé la mienne à Lomé, qui m’a rassuré à moitié. Ils ont l’habitude, pour ne pas m’inquiéter, d’éviter de donner des détails.

J’ai donc appelé un ami qui m’a livré ces commentaires :

« Man ça chauffe ici: le collectif sauvons le Togo, constitué de quelques partis (OBUT, ANC, PSR, ADDI, LTDH, les Avocats, PRR, CAR, etc...) avec comme président le Prof. Ajavon Zeus et vice-président le Maître Kpande Adjare, président de la LTDH, ont organisé une marche de protestation contre la Loi votée par les députés à propos des élections législatives sur la répartition des sièges…comme d’habitude les marches se sont terminées par des gaz lacrymogènes, des coups de matraques. Mais hier ce fut plus chaud…Tous les militants de la marche sont restés éveillés à Décon et (deux quartiers populaires de Lomé) jusqu’au petit matin comme le mouvement du printemps des égyptiens et tunisiens; Décon est devenu la place Tahir des Togolais. Nos gars pensent trop à  François Hollande ».

Loin de tout, je restais quand même inquiet, mais aussi fier des gens là-bas; ce qu’ils vivent n’est pas facile. J’ai donc essayé de dormir, pour faire passer le mal de tête qui m’assommait, tout en imaginant les rues de Lomé, avec ses barricades, et des pneus enflammés comme en 2005; ces jeunes civils chomeurs,désespérés par l’avenir qui se profile à l’horizon , cailloux à la main, jouant au chat et à la souris  avec les forces du pouvoir, entrainées et  équipées de tout un arsenal de répression.

Puis, mon téléphone sonna, c’était un de mes bons amis, expatrié aux États-Unis.

-Allo! Es-tu au courant de ce qui se passe au pays ?

-Oui mais, je n’ai pas tous les détails. Je viens d’appeler mes parents, et ils vont bien. Et les tiens?

-Ça va. Sauf que j’ai essayé de joindre notre ami kodjo, et je suis tombé sur une voix étrange.

-Comment ça ?

-Vous êtes au niveau de la gendarmerie nationale ! m’a-t-on dit. Paniqué, j’ai immédiatement  raccroché le téléphone. Ces gens-là peuvent s’imaginer plein de choses. Je n’ai pas besoin de ça en ce moment.

Notre ami kodjo s’est-il fait arrêter en assistant à la manifestation ? Nous décidâmes  alors de  rappeler Lomé le lendemain matin pour comprendre. Il était déjà plus d’une heure du matin au Togo.

Cette nouvelle me mit  en colère, aggravant ma migraine, qui refusait de passer, malgré les deux comprimés de Tylénol que j’avais pris. Ne pouvant plus dormir, je me résolus d’aller marcher un peu; respirer de l’air frais, m’apaiserait, l’été n’était pas loin et il faisait beau. Une heure de marche durant laquelle je me demandai si tous ces sacrifices finiraient un jour par porter fruit; serais-je là pour voir mon pays devenir enfin la meilleure démocratie du monde?

Le lendemain matin, après une nuit blanche, j’appelle mon ami de la veille. Bonne nouvelle, il avait réussi à joindre kodjo à Lomé. Ce dernier, lui affirma qu’il n’a pas été arrêté, et qu’il allait bien. Il n’a même pas pris part aux manifestations.

Serait-ce une erreur de l’opérateur téléphonique ou autre chose ?

En tout cas, ce ne fut pas une angoisse pour rien; et des gens se sont faits arrêter  arbitrairement.

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Comme à l’accoutumée, je surfais sur le site internet de RFI (via mobile), et je suis tombé sur ceci : « François Hollande évalue son patrimoine à 1,18 million d’euros… il ne déclare posséder aucun véhicule, pas même le scooter à trois roues sur lequel on l’avait vu circuler dans Paris, ces dernières années….Comme beaucoup de ses concitoyens, le prochain locataire de l’Élysée … est également endetté…. son salaire de président, même abaissé de 19 331 à 13 532 euros mensuels… »

En bon togolais, j’ai fait rapidement un petit calcul mental pour convertir 1,18 millions d’Euros et 13532 Euros  en Francs CFA. Autant dire que j’ai été étonné du résultat, pensant que la fonction de président en France permettait de s’enrichir.

Au Togo, les gens du peuple comme moi, ne connaissent pas le salaire du président, en fait, il n’est pas communiqué. Ne parlons même pas de son patrimoine. Ce qui est sûr c’est que le patrimoine de François Hollande, président de la République Française, ancien colonisateur, grande puissance économique, ne fait pas le poids devant celui d’un « gros bonnet » de la République Togolaise, pays en voie de développement, endetté , et qui reçoit des dons et prêts de la France.

Autant dire, qu’une des villas du président togolais suffirait à englober les 1,18 millions d’euros du président François Hollande. Les 13532 euros mensuels ne sont que de l’argent de poche pour les enfants et proches du président.

Question de principe, chez nous, aucun patron d’une société d’État, quelle qu’elle soit, ne gagnerait plus que le président (qui l’a nommé).

Pour le commun des togolais, le patrimoine du président, et celui du pays, ne font qu’un (excepté  les dettes) ; un compte commun où ce dernier peut puiser à volonté.

Les proches du président, font la loi. Ils vont où ils veulent, quand ils veulent, s’achètent ce qu’ils veulent. Ils vont faire du tourisme en Europe, passeport diplomatique en main, leurs enfants sont dans des universités occidentales; et tout cela au frais du contribuable. Les grosses bagnoles à vitres fumées, avec des amortisseurs «  de tonnerre », c’est eux; les châteaux et belles villas construits dans un temps record, c’est aussi eux.

Nos dirigeants, ne se contentent pas d’amasser des fortunes dans des «  banques Suisses »  ou ailleurs ; c’est aussi des biens immobiliers  dans des quartiers chics en occident.

Gaspillages, détournements, « éléphants blancs », sont légion dans nos pays .Au détriment du peuple.

En 2010, des milliards ont sans doute été dépensés durant la campagne électorale au Togo; pourtant à l’université, la faculté  populeuse du pays, restait avec une salle informatique non climatisée équipée d’une vingtaine de vieux ordinateurs non connectés à internet et où une coupure de courant mettait fin au cours.

Déclarer son patrimoine, et faire bon usage des fonds de l’État, serait un bon exemple à suivre, messieurs les dirigeants!

 

Merci de signer :

La Pétition en faveur de la chronique de Jean baptiste Placca sur RFI

Votre signature, permettrait d’éviter la fin annoncée de cette chronique sur Radio France Internationale

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«La France était pour moi, ce rêve, qui me permettait, malgré le chômage, la galère, de me lever de bonne heure, d’enfourcher ma moto et de parcourir les rues  poussiéreuses de Lomé, transportant mes clients d’un bout à l’autre…». Tels sont les mots d’un de mes amis dans un échange téléphonique.

L’élection présidentielle de 2012 en France ne suscite plus le même intérêt chez moi, dans mon pays, comme par le passé. Je me rappelle que la campagne électorale, les débats, qui se tenaient à des milliers de kilomètres de chez nous, suscitaient beaucoup de commentaires. Aujourd’hui, il y a très peu d’échanges, de débats houleux lors des cours d’histoires ou autres dans les collèges et lycées. Plus de discussions passionnées  entre Zémidjans , qui pendant leur pause stationnaient près des baraques de ventes de journaux en train de scruter la moindre phrase donnant l’un ou l’autre camp gagnant. Non plus rien, aucune passion.

Au Togo où chaque élection est source d’énormes tensions et de violences, on avait toujours admiré ce qui se passait de mieux ailleurs, chez l’ancien colonisateur français.

C’était une élection qui suscitait de l’espoir, espérant qu’un changement à la tête de l’État français, changerait la politique à l’égard de nos pays.

C’était pour nous très important de savoir à l’heure convenue le nom du nouveau président de la république française. Le jour du vote, nous restions les oreilles collées à nos postes de radio captant Rfi; certaines télévisions privées nous proposaient l’évènement en direct pour ne rien rater. Nous votions avec les français, pas avec  des bulletins de vote, mais avec le cœur, ce qui n’avait aucune incidence sur les résultats.

Nous souhaitions que la Gauche gagne, ou que le candidat de Droite s’impose, selon la position et les antécédents de chacun des  camps, par rapport à notre pays.

On suivait avec admiration le premier discours du président élu, sondant le moindre mot faisant référence à notre pays. Mais rien ne se passe; des mois passent, des années, le président  français termine son mandat, et un autre est élu; le statu quo demeure chez nous, pas d’alternance, pas de changement. Nous sommes toujours dans cette situation où on est acculé, asphyxié, toujours cette complaisance vis-à-vis de nos dirigeants, toujours à féliciter le perdant des urnes  mais maintenu, à avaliser des élections dénuées de toute transparence.

Tout cela suscitait beaucoup d’incompréhension, de détresse, de  colère en nous. Ça ne nous consolait pas  d’entendre : «le président de France, élu par les français, ne défend que les intérêts de son pays, arrêtez de croire qu’il viendra changer les choses à votre place».

Cette immense déception, croissante d’année en année était devenue insupportable, et il a fallu l’amputer comme un pied gangréné.

Malgré tout continua mon ami, et  le fait que mes frères soient montrés du doigt comme un problème en France, en dépit des mallettes de la Françafrique démentie mais connu de tous, etc, je continuerai à supporter les bleus, je garderai ce poster géant de la tour Eiffel dans ma chambre, je ne renierai pas mon rêve, et je continuerai par aimer la France et les français».

Que cette élection présidentielle en France  ouvre enfin cette nouvelle ère tant attendue.

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Le 21 Mars 2012, des officiers de l’armée malienne, commettent un putsch , suspendent la constitution, faisant reculer leur pays 20 ans en arrière sur le plan démocratique.

Après avoir fermement condamné cette folie, ils sont nombreux ces ̎donneurs de leçons ̎ à se présenter  tout sourire à Dakar à l’occasion de l’investiture du président  Macky Sall, élu démocratiquement. Si Wade s’était imposé au pouvoir, ils n’auraient pas levé le petit doigt, ils l’auraient félicité de vive voix, quand même. Ces démon_crates, brandissent des sanctions contre le Mali, établissent un embargo et menacent d’intervention militaire  tout un peuple pour la folie d’une poignée d’hommes.

Messieurs les démon_crates, quelles leçons pouvez-vous donner aux maliens quand vous vous maintenez au pouvoir, en tripatouillant la constitution de vos pays ?

Lorsque vous vous imposez à vos concitoyens grâce à des simulacres d’élections, que vos observateurs avalisent ?

Lorsque vous utilisez votre force militaire pour   ̎tuer dans l’œuf ̎ toute tentative de soulèvement pacifique, et que vous prenez vos pays comme votre propriété ; quel exemple pensez-vous montrer, quand vous commettez ces coups d’État quotidiens ?

Où étiez-vous quand la Côte d’Ivoire a dû passer par un  bain de sang l’an dernier, pour rétablir le verdict des urnes ?

Où étiez-vous quand des centaines de jeunes togolais se sont faits martyrisés en 2005 ?

Que faites- vous pour la stabilisation de la Guinée Bissau ?

Que faites –vous contre le narcotrafic, la corruption, la famine chronique ?

Que faites- vous  pour la liberté, l’alternance, la démocratie  et la prospérité de vos pays ?

Messieurs les démon_crates, ces putschistes maliens ̎de malheurs ̎, se sont inspirés de vos actes. Pourquoi ne donnez-vous pas le bon exemple ?

Pauvres de nous, ouest africains  !!!

 

Photo : grioo.com

 

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Les  pays francophones  ne se partagent  pas le même accent. Ainsi, un togolais n’a pas le même accent qu’un ivoirien ; l’accent d’un malgache n’est pas identique à celui d’un congolais, ni  celui d’un français de France d’un belge, d’un québécois. Même au sein du territoire français, le toulousain et le breton ne parlent pas de la même façon.

En Afrique, notre accent est influencé par notre langue maternelle. Et d’où qu’on vienne cette francophonie est riche d’accent et de mots qui diffèrent d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre.

Le Québec, province du Canada, et bastion de la francophonie dans une Amérique du Nord hyper-anglophone, est un exemple de ce français multi facettes.

Un ami raconte : « Avant d’arriver au Québec, je n’avais jamais entendu qu’on me réponde ̎Bienvenue ̎ lorsque j’adresse un remerciement ; je m’attends plutôt à un ̎ je vous en prie ̎ ou ̎ pas de quoi ̎.»

Mon ami québécois n’avait de cesse de me parler de sa blonde.Le jour où je la rencontre enfin, je lui demandai : «dis-donc, ce n’est pas la blonde dont tu m’as parlée, car cette fille est plutôt brune». Un peu moqueur, il répliqua : « ici, le mot fait le plus souvent référence à nos petites amies, nos femmes et non à la couleur des cheveux. Et elles utilisent le mot ̎ Chum ̎ pour parler de nous».

Une africaine arrivée récemment au Québec, et  qu’on envoya au dépanneur du coin , s’est étonnée après avoir passé près d’une heure à chercher un atelier de mécanique , qu’on lui montre ce que nous appelons  magasin d’alimentation générale, boutique etc…

Les petites histoires caractéristiques de ce petit  ̎ choc linguistique  ̎ sont légions.

Le français parlé et écrit au Québec est « truffé d’intonations, de tournures et significations qui leur sont caractéristiques »; certains mots sont des anglicismes. Et il en est de ces phrases, expressions et mots utilisés dans mes conversations de tous les jours comme celles-ci  :

(Niaises-moé pas : ne joue pas avec mes nerf) ;(ma job : mon job, mon travail);

(je m’en câlisse : je m’en fout) ;(c’est platte : c’est ennuyeux, fastidieux, nul) ;

(il fait fret : il fait froid)…

Au Québec, le français n’est pas qu’une question de langue, c’est la question par excellence, c’est une question de reconnaissance, une question d’identité.

Ils ont toute une série de lois pour protéger le français, notamment la fameuse Loi 101 ; des citoyens manifestent pour dénoncer les boutiques et magasins qui n’ont pas d’affichage en français. Ici, le fait qu’un haut dirigeant d’une des plus grandes compagnies québécoises soit  ̎ unilingue anglophone ̎ suscite une véritable tôlée. Et avoir un entraineur pour ̎ les Canadien de Montréal ̎ (club de Hockey sur glace) qui ne parle pas un mot de français, n’est pas bien vu.

«Le français fait partie de notre patrimoine», m’affirme un québécois. Et s’il est un endroit ou la langue de Molière est la plus choyée, protégée, face à l’anglais «envahissant et infiltrée partout » c’est bien le Québec.

Bonne journée internationale de la francophonie

 

 

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Défilé des berets rouges de l'armée togolaise

 

Armée de mon pays, j’ai peur de toi

Tu as voulu m’égorger comme du bétail dans les rues de Bengazi

En Côte d’Ivoire, que tu sois FRCI ou FANCI, tu m’as massacré comme si j’étais ton ennemi

En Guinée, tu adores les coups d’État, me violer et me tirer dessus à bout portant dans le stade de Conakry

En Guinée Bissau, tu es devenue trafiquante de drogue et tu élimines tous ceux qui s’opposent à toi

Tu m’as mutilé en Sierra Leone, me rendant handicapé à vie, quand tu te faisais appeler RUF

Au Darfour, avec tes Djandjaouides, tu as voulu m’exterminer

Tu ne lésines pas sur les moyens pour me faire taire en Éthiopie ou en Érythrée

Au Burkina Faso, tu sèmes le désordre dans ma ville et  mon commerce

En Somalie, je ne sais plus comment t’appeler, ni pourquoi tu te bats

Au Togo, tu ne fais que me massacrer et me violenter quand je demande l’alternance et plus de démocratie.

Pourquoi, armée de mon pays, te dresses-tu contre moi ainsi?

Tu te fais appeler "garant de la démocratie", mais tu la tues

"Garant de l’intégrité du pays", pourtant, c’est toi  qui la menaces par tes actions

Je n’ai pas oublié tous les tords que tu m’as causés et que tu refuse de reconnaître, peut être en suis –je pour quelque chose.

Tu n’es pas mon héroïne, mais mon bourreau, car tu n’es pas du côté de la justice, de la liberté, de la vraie paix

Pourtant, je veux bien te pardonner, parce que je veux te voir changer,

C’est cela mon espoir, mon souhait, mon combat, mon rêve.