Ces drames qui me révoltent en Afrique !

Photo aérienne du Joola, lors de son naufrage ,le 27 Septembre 2002. AFP
Photo aérienne du Joola, lors de son naufrage ,le 27 Septembre 2002.
AFP

Mon grand- père est décédé il y a quelques années, fauché par un automobiliste. Amené à l’hôpital, gravement blessé, il a été laissé sur une civière en attendant son tour au bloc opératoire. Il rendit l’âme quelques heures après, faute de soins.

En l’apprenant, le petit collégien togolais que j’étais, fut inconsolable.

Ces drames  sont légion au Togo et  en Afrique. Et on se console souvent en disant « c’est la volonté de Dieu »

Par ici, nos gens meurent un peu de tout; on meurt du paludisme, du Sida, de faim, d’une simple diarrhée, de petites infections.  Les gens décèdent par manque de soins et aussi parce que les hôpitaux ne disposent pas d’assez de blocs opératoires.

On meurt, victime du mépris de nos gouvernants : lorsqu’ils préfèrent financer des campagnes électorales étrangères, et acheter des armes au lieu de financer les soins de santé. Ils aiment mieux s’enrichir et enrichir des banques étrangères que d’améliorer le quotidien de  leurs concitoyens.

Impuissants devant ces drames et rongés par la douleur, nous, simples gens d’Afrique nous refugions dans la fatalité. Car avec elle l’insupportable devient tolérable :

C’est ainsi que l’incendit d’un camion-citerne qui fait plus de 85 morts au Nigéria, devient une banalité ; «  ça arrive souvent, c’est notre quotidien », on pleure et on oublie.

Une explosion de munition tue et détruit des habitations au Congo Brazzaville ; personne ne rend des comptes. Après tout, c’est normal, c’est l’Afrique.

Il y a quelques mois, un canadien posa cette question à l’africain fraichement débarqué que j’étais :

-Connais-tu le Titanic ?

-Oui !

-Ce fut un drame hein ? J’en pleure chaque fois que je vois le film

-Je lui demandai alors : Et toi connais-tu le Joola ?

-Non c’est quoi ?

-C’est un Ferry sénégalais qui a sombré au large de la Gambie en 2002; et ça a fait plus de morts que le Titanic (un peu énervé).

Mon ami n’avait pas tort de ne pas connaître la tragédie du Joola, lui qui habite à des milliers de kilomètres. Pourtant, nous, africains (la majorité) n’en avons aucune idée. Car en parler ou la commenter signifie pour beaucoup, perdre son temps dans des histoires qui n’intéressent pas grand monde. Ils oublient que parler des choses et les raconter, revient à ne pas les subir.

Quant à moi, lorsque  je pense au Joola et à toutes ces tragédies quotidiennes qui nous entourent,  je suis révolté.

 

 

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jeogo
Les miracles n'arrivent qu'à ceux qui n'abandonnent jamais.Je suis celui qui se cherche et se recherche au travers des histoires et problématiques.Yohh!!! ce n'est pas facile hein! Mais comme on le dit dans ma belle ville Lomé: tout est KÈDÈÈÈ. C'est pourquoi je livre mes certitudes, mes interrogations.Je crois aux miracles togolais et africains,je crois au miracle de la vie.

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