51 ans d’indépendance, mes souvenirs du Togo

Je me rappelle des marches de soutien, organisés par le régime où des milliers de personnes, qui espérant la distribution de billets de mille francs ou plus convergeant devant  la résidence « Lomé II » pour démontrer leur soutien au dictateur qui du haut de son étage acquiesçait en souriant et en levant les mains.

Je me rappelle de ce soir du 05 Février 2005 où le décès du dictateur au pouvoir depuis 38 ans a été annoncé.Etj’ai vu l’espoir dans les yeux des gens, et j’en ai entendu beaucoup dire : « enfin, nous sommes libérés » ; pour une fois les gens se réjouissaient du décès de quelqu’un. Mais, c’était sans compter le clan , le parti et l’armée du président défunt, qui se sont arrangés pour « désigner » l’un des fils de leur feu chef , au grand étonnement de tout le monde ; une décision prise en toute violation de la constitution .

Je me rappelle du mot « tripatouillage », devenu célèbre au Togo pour qualifier la manière dont le parti du feu président a voulu rendre constitutionnelle leur décision prise de commun accord avec l’armée. Finalement, sous la pression internationale, ils ont fait un retrait que je dirais stratégique. Ils avaient déjà leur plan bien ficelé pour conserver le pouvoir à la suite de l’élection présidentielle.

Je me rappelle de ce dimanche d’Avril 2005 où en glissant mon bulletin dans l’urne pour la première fois, j’étais fier de contribuer à l’alternance dans mon pays.Pour m’en assurer, j’étais, comme des milliers de personnes dans leurs centres de vote respectifs, lors du dépouillement pour s’assurer de la véracité du décompte des voies.

Je me rappelle avoir vu deux « observateurs internationaux » passer à peine 10 minutes dans le centre où j’ai voté.

Je me rappelle tout comme tout aspirant au changement, avoir été  profondément déçu par et scandalisé par les résultats proclamés, et jugés « réaliste » par ces «soient disants observateurs»  qui n’ont que ce mot à la bouche : « les irrégularités ne sont pas de nature à influer véritablement sur le résultat final » ; pourtant ils ont vu comme tout le monde des militaires dérobés des urnes dans un bureau de vote.

Je me rappelle, la répression s’abattre pour stopper toute protestation

Je me rappelle de ce après midi de samedi d’Octobre 2005, lors de la qualification de l’équipe nationale de football du Togo à la coupe du monde 2006 « historique ».J’ai vu des jeunes et vieux de tout bord déambuler dans les rues sous la pluie ; j’ai vu des militaires et civils s’embrasser. Quel magnifique sport, le football!

On nous parle de « réconciliation » ; et surtout de justice et réconciliation ».Mais, si je ne me trompe pas, en Afrique du sud, dont on veut copier le modèle, il y’ a eu alternance, les fautifs ont reconnu leurs tords et certains se sont répandis. Malheureusement dans le cas togolais, les bourreaux sont toujours aussi orgueilleux et n’ont rien perdu de leur habitude négative ; la seule nuance est qu’ils ont désormais opté pour le « ni vu ni connu ».La dernière élection présidentielle de Mars 2010 le démontre très clairement.

Dans un pays où le chômage est ambiant, les jeunes diplômés n’ont le choix entre aller grossir le rang des ″ Zémidjans ″ou cumuler des mois interminables de chômage ; et où le népotisme règne en maître, les autorités n’ont que  ce mot à la bouche : «  Entreprenariat ».

Les problèmes d’inondation sont devenus chroniques, et les décisions adéquates ne sont jamais prises pour arranger les choses.

Je n’étais pas là le 27 Avril 1960, mais après 51 ans d’indépendance, ma remarque est que les choses se sont empirées et que les générations des années quatre vingt à laquelle je fais parti ″ la relève de demain ″ avec tous ces problèmes, ne voit pas l’avenir d’un bon œil.

Que nos dirigeants assument leur responsabilité devant l’histoire, qu’ils ouvrent enfin leurs yeux ; ce n’est pas en restreignant  les libertés que le Togo pourra aller de l’avant ; mais en bannissant la répression, et en promouvant la vraie« justice et vérité»

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jeogo
Les miracles n'arrivent qu'à ceux qui n'abandonnent jamais.Je suis celui qui se cherche et se recherche au travers des histoires et problématiques.Yohh!!! ce n'est pas facile hein! Mais comme on le dit dans ma belle ville Lomé: tout est KÈDÈÈÈ. C'est pourquoi je livre mes certitudes, mes interrogations.Je crois aux miracles togolais et africains,je crois au miracle de la vie.

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